La crise financière internationale, la multiplication des partenaires, la mise en valeur de la coopération Sud-Sud, la fin des blocs, des pré carrés tout ceci prédestine le facteur religieux, le facteur islamique’ comme un élément ‘de plus en plus important’, a notamment dit M. Sambe dans un entretien avec l’Aps.
Auteur d’un livre récemment présenté à Dakar et intitulé ‘Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc’, le chercheur relève qu’avec les dérèglements nés de la crise économique et financière, ‘on pense beaucoup plus aux fonds souverains etc. et à la finance islamique’ de façon générale.
‘Je pense que cette conscience-là qui était sans cohésion peut-être renforcée par un sentiment de pouvoir représenter quelque chose sur la balance des pouvoirs sur le plan international’, a analysé Dr Bakary Sambe, chercheur à la Fondation européenne pour la démocratie à Bruxelles.
Le monde musulman se présentant ‘comme une forme d’alternative Sud-Sud’, il ‘pourrait apporter quelque chose de nouveau dans la configuration des rapports internationaux’, a ajouté M. Sambe, également chercheur associé au Groupe de recherches sur la Méditerranée et le Moyen Orient (Lyon).
Sur cette base, l’importance de la finance islamique, de plus en plus prise en compte en Occident, devrait ‘se matérialiser’ par une plus grande présence de ces institutions financières en Afrique notamment, a-t-il indiqué.
Il a relevé que sur ce plan, le président sénégalais Abdoulaye Wade ‘a raison de dire qu’on arrête de faire de la finance islamique pour enrichir la Bourse à Londres’, en appelant les pays détenteurs de fonds souverains à privilégier ‘’la solidarité inter islamique. ‘
‘On a vu, a-t-il souligné, l’assaut de la Chine mais le monde arabe maintenant a compris que l’Afrique est véritablement un enjeu non seulement de politique internationale mais un enjeu économique. Donc les pays africains pourraient tirer profit de cette finance-là’.
Selon le chercheur, ‘il reste maintenant à ce que la finance islamique quitte la sphère des théoriciens et économistes et se matérialise dans la vie de tous les jours avec l’ouverture de banques islamiques, la facilitation de prêts. C’est sûr que ça pourrait amener un plus dans les économies du Tiers-monde et du monde musulman’.
Dr Bacary Sambe a fait observer que ‘plus de mille milliards’ de dollars représentant les fonds souverains sont en circulation dans le monde. Or, depuis le 11 septembre 2001 et le gel dans les banques occidentales des avoirs de certains pays arabes, ces derniers se tournent davantage vers des pays du continent africain.
Source: walf.sn