Dans les locaux de l'association humanitaire, on répond aux coups de fil des donateurs, soucieux de faire du mieux qu'ils peuvent pour aider la population pakistanaise. À Marseille comme à Bordeaux, on s'organise pour des opérations de collecte de dons autour d' iftars en commun (repas de rupture du jeûne du Ramadan). Très certainement, une part importante des Français de confession musulmane choisiront de verser leur zakât al-Fitr (aumône du Ramadan) au fonds de soutien pour le Pakistan.
« Il y a un fort élan de générosité », constate Dunia Oumazza. Un élan qui s'explique par une actualité sur fond de Ramadan, mais aussi « beaucoup de donateurs sont choqués du manque de médiatisation de la crise. Ils ont accès aux chaînes cablées anglo-saxonnes et à Al Jazeera, où défilent beaucoup d'images qu'on ne voit pas dans le JT de 20 heures chez nous », c'est un « triste choc des civilisations », regrette la responsable communication du SI France.
Sur place, l'ONG a déjà distribué 50 000 colis alimentaires. « Nous apportons notre aide sur place en distribuant également de l'eau potable, des kits d'hygiène, des vêtements, des abris provisoires », « de plus, nous devons faire face aux maladies hydriques, qui constituent une terrible menace », nous explique le SI.
Fort de sa présence au Pakistan depuis de nombreuses années et des partenariats noués avec des acteurs humanitaires locaux, tel Peace & Development Foundation (PDF), le Secours n'attend pas pour pourvoir acheminer son aide : « Comme on a une bonne expérience du terrain, on a la possibilité de tout acheter sur place. » Ainsi un projet de sécurité alimentaire a pu s’opérer dans les districts de Charsadda, de Nowshera, de Mardan et de Peshawar ; et un autre programme d’accès à l’eau potable et d’assainissement est en cours dans la vallée du Swat.
Les ONG redoutent une deuxième vague plus meurtrière que la précédente, dans les prochains mois, au vu de la catastrophe sanitaire du pays. Une « catastrophe » aussi, si l'on promène son regard sur les champs détruits et désormais non cultivables avant peut-être des décennies.
La situation irrite le SI : « Que la situation politique prenne le dessus sur l'urgence humanitaire, c'est scandaleux », déplore t-on.
Hasard du calendrier, l'ONG française a lancé, depuis ce lundi 16 août, une vaste campagne d'affichage dans les RER et métros parisiens, avec un « coup de pouce » bienvenu de la RATP.
900 affiches et un but : faire connaître le SI au grand public. « On a déjà énormément de retours très positifs », nous confie Dunia Oumazza.
Source: saphirnews