En ce début d’année, l’Institut Mozdahir international (Imi) a annoncé sa volonté de créer une école de formation supérieure en Finance islamique. En clôturant un séminaire sur la question, le président d’Imi, Chérif Mohamed Aly Aïdara, a soutenu qu’« il est nécessaire, voire indispensable, de retourner aux enseignements islamiques ».
Présent à cette cérémonie, Amadou Ngom de la Direction de la monnaie et du crédit (Dmc) au ministère de l’Economie et des Finances, a réaffirmé l’ambition des autorités étatiques de « faire du Sénégal un hub de la finance islamique dans l’espace Cedeao ».
Selon Chérif Mohamed Aly Aïdara, « après avoir mis Dieu à l’écart, une religion nouvelle a été créée : le monothéisme de marché ou l’idolâtrie de l’argent dans laquelle l’être humain, lorsqu’il n’est pas chômeur, exclu ou colonisé, est réduit au rôle de producteur et de consommateur mu par son seul intérêt ».
Il a pensé que c’est tout le contraire du musulman et de l’homme de foi qui recherche le bonheur sur terre, mais aussi la réalisation spirituelle. Aussi, il reste persuadé qu’« en voulant nous rendre maîtres et possesseurs de la nature, nous avons abouti non plus à l’épanouissement de l’homme, mais à son écrasement ».
La finance islamique, soutient-il, apparaît dès lors comme « une solution alternative salutaire et durable vers laquelle se tournent les analystes et experts du monde et de la Finance ».
Pour d’aucuns, la finance islamique constitue une alternative crédible à la crise financière et bancaire. Selon le Dr Ali Toussi, professeur de Finance islamique à l’Ecole d’économie de l’Université de Téhéran, la finance islamique est caractérisée par l’absence de taux d’intérêt. Soumise à des restrictions éthiques, la finance islamique prohibe la spéculation, la recherche de l’intérêt, ainsi que le financement d’activités interdites par l’Islam comme le commerce de l’alcool et les jeux de hasard.
Elle est notamment financée par la zakat. Les principes de « banque et finance islamique » tardent à s’imposer au Sénégal.
A l’instar des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Ueoma), le pays essaie d’attirer la finance islamique ; Dakar a abrité, en 2009, un séminaire sous-régional sur le thème « Banque et finance islamique ».
L’objectif visé étant de promouvoir la maîtrise des préceptes de base, de plancher sur ces préceptes, mais aussi sur les questions juridiques et fiscales. Il s’agit essentiellement d’adapter la politique fiscale aux nouveaux mécanismes. Le Sénégal qui abrite le siège régional de la Banque islamique de développement (Bid), a une Banque islamique du Sénégal (Bis).
Source: lesoleil