Sa définition initiale la présente comme ‘une forme de purification de la richesse gardée’. Un prélèvement d'une somme bien définie sur son avoir tient, en effet, lieu de Zakat. Cette recommandation demeure plus simple, dans son application, au sein des pays entièrement islamiques où la Zakat est organisée par des structures spécialisées.
Toutefois, se disant pays laïc dans sa Constitution, le Sénégal dispose de sa propre singularité islamique. Il s'agit principalement de l'existence d'entités comme les confréries, qui occupent une place centrale dans la sociologie du pays et qui constituent des relais incontournables pour leurs affiliés.
Une réalité qui affecte inéluctablement l'application de la Zakat sous toutes ses formes. ‘A chaque fois que je fais le prélèvement de la Zakat, je le donne à mon marabout pour qu'il fasse la distribution pour moi’, révèle un commerçant préférant garder l'anonymat. Son assertion est assez révélatrice de la forme d'application de cette recommandation dans notre pays.
Il faut reconnaître que certains même vont plus loin en dévoilant toute leur richesse à leur marabout pour qu'il fasse le calcul et la distribution à leur place. ‘Ce, en laissant en rade les imams et autres guides mieux lotis dans ce domaine’, fait remarquer l'Imam Mohamed Sall. Mais cette procédure est motivée, selon d'autres observateurs islamiques, par des jeux d'intérêt représentant des enjeux énormes pour certains guides. Le malheur est que, certains feignent de la réinvestir dans les Daaras, tout en s'arrangeant pour s'en approprier.
‘L'acte est rarement autonome ici’, déplore notre interlocuteur. Mieux, ‘elles sont nombreuses ces personnes que cette Zakat a contribué à enrichir au Sénégal’, ironise Bamba Sall.
L'autre aspect qui rend l'application de la Zakat un peu complexe au Sénégal, demeure la difficulté de son organisation. Un manquement dû à l'absence d'une solidarité islamique active. Une approche devant obligatoirement se baser sur une conscience musulmane exemplaire. Autrement dit une éducation islamique s'appuyant sur une conscience à s'occuper équitablement de la distribution de la Zakat.
A ce niveau, beaucoup reste encore à faire dans le processus d'organisation de la Zakat sous une forme institutionnelle. Cela, comme en Arabie saoudite où l'Etat gère directement ce dossier, à travers des ministères spécialisés.
Mais, en attendant, dans nos pays, ce sont les pauvres qui continuent, malheureusement, à être des fonds de commerce de cette Zakat qui leur est pourtant destinée.
Source: walf