Quelque 150 hommes se sont rassemblés après la prière du vendredi à l'extérieur de la mosquée Al-Fath, dans le centre du Caire, et ont appelé à condamner des propos de l'évêque Bishoy, a indiqué à l'AFP un responsable des services de sécurité.
"Ils étaient très en colère à propos des déclarations de l'évêque Bishoy", a dit ce responsable, en précisant que la manifestation s'était terminée sans incident.
L'évêque Bishoy, un haut dignitaire de l'Eglise copte, a récemment déclaré lors d'une réunion avec l'ambassadeur d'Egypte à Chypre, qu'il croyait que certains versets, en contradiction avec la foi chrétienne, avaient été ajoutés après la mort de Mahomet par l'un de ses successeurs.
Pour les musulmans, le Coran regroupe les paroles que Dieu a révélées au prophète Mahomet par le biais de l'archange Gabriel sur une période de 23 ans, jusqu'à sa mort. Dire que certains versets ont été ajoutés a posteriori met ainsi en doute leur validité.
Le patriarche de l'Eglise copte d'Egypte, Chenouda III, s'est dit dimanche "désolé" que les musulmans égyptiens aient été heurtés par les propos d'un évêque, estimant qu'"on ne devrait jamais discuter des différences théologiques" entre chrétiens et musulmans.
Les propos de l'évêque ont suscité de vives réactions chez les dirigeants chrétiens et musulmans qui ont dit craindre des tensions communautaires. L'évêque Bishoy a affirmé avoir été mal compris.
Les questions religieuses restent un sujet très sensible en Egypte, pays de 80 millions d'habitants qui compte de 6 à 10% de Coptes et où les tensions latentes donnent parfois lieu à de violents incidents entre musulmans et chrétiens.
Source: AFP