Les banques islamiques gagnent en popularité en Algérie

10:51 - November 13, 2010
Code de l'info: 2030602
Algérie(IQNA)- Un nombre de plus en plus important d'Algériens demandent des produits bancaires islamiques pour éviter la riba et les tumultes sur les marchés financiers.
Pour les consommateurs algériens qui cherchent à éviter le paiement des intérêts, les prêts hypothécaires conformes à la sharia et d'autres formes de prêts restent limités par un cadre légal, institutionnel et réglementaire inadapté. Un forum sur la finance islamique organisé mardi 9 novembre à Alger s'est intéressé aux moyens de satisfaire ces clients.
"La législation en matière d'argent et de crédit autorise des transactions et des produits bancaires islamiques, notamment des prêts hypothécaires, parce que ces produits ne portent pas atteinte au droit algérien, et non parce que ces institutions financières se conforment aux principes de la sharia", a déclaré Zoubir Ben Terdeyet, de chez Isla Invest Consulting, qui avait aidé à organiser cette conférence.
Il a confirmé que ce concept financier est considéré comme une alternative importante, dans la mesure où il comporte des mesures susceptibles de juguler l'inflation et d'éviter les crises financières qui conduisent à la faillite.
Le président de la Banque Al-Baraka Nacer Haidar a souligné pour sa part l'importance du système bancaire islamique pour la solution au problème du financement des entreprises du secteur privé. Il a également souligné la nécessité d'étendre la portée du système de financement islamique en Algérie, appelant à la mise en oeuvre de la murabaha (la vente à profit) au niveau des banques et de l'utilisation des fonds pour étendre la production et assurer des moyens de travail.
''La part du marché bancaire algérien ne dépasse pas un pour cent du total des actifs en circulation dans le monde", a précisé Haider, ajoutant que les mesures incluses dans le système bancaire islamique mettraient fin aux problèmes fiscaux en matière d'investissement et aux pratiques basées sur la riba qui donnent naissance aux crises financières.
Les autorités algériennes doivent "mettre en oeuvre une législation spéciale pour certains produits bancaires islamiques, comme cela a été le cas avec le financement par la musharaka (partenariat), conforme aux lois et aux procédures relatives au capital d'investissement", a ajouté Haidar.
"En Algérie, 99 pour cent des prêts immobiliers consentis par les banques sont basés sur les taux d'intérêts", a expliqué Abdelkader Beltas, directeur général de la Société de refinancement hypothécaire. "Bien que cette formule soit interdite dans l'Islam, les gens continuent d'emprunter de l'argent pour acheter leurs logements en l'absence de formules alternatives."
Il existe en Algérie quatre institutions financières qui opèrent selon les principes financiers islamiques : la Banque al-Baraka, la Banque du Golfe en Algérie, la Banque al-Salam et la Compagnie d'assurance Salama. Mais la part des banques islamiques sur le marché algérien reste marginale, et ne dépasse pas 1,5 pour cent. Dans le pays, ce sont les banques publiques qui contrôlent le secteur bancaire, et les banques privées n'occupent une part que de 12 pour cent.
Lors de la discussion du rapport du Gouverneur de la Banque d'Algérie en octobre dernier, certains parlementaires représentant les partis islamiques avaient soulevé la question de l'absence d'options de financement islamiques.
L'un d'eux, Mohammed Hadibi du Mouvement Ennahda, avait critiqué les pressions exercées sur les banques qui fonctionnent conformément aux règles de la sharia en Algérie, par rapport à la liberté totale consentie aux banques européennes présentes dans le pays. Il avait également demandé la mise en pratique de l'obligation du Gouverneur de la Banque centrale d'ouvrir des options islamiques dans les banques publiques.
Le gouvernement avait répondu à ces demandes en amendant la Loi sur l'argent et le crédit, après avoir consulté des experts en banques islamiques et des spécialistes des préceptes de la sharia islamique. Adopté en mai 2010, cet amendement entrera en vigueur en janvier prochain. Il vise à réconcilier le système financier actuel en Algérie et à le rapprocher les règles des transactions islamiques, notamment en matière de paiement des intérêts aux banques traditionnelles.
Source: magharebia
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