Lors d’une interview accordée à l'Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), l’Hojjat-ol-islam Khalil Mansouri, chercheur du centre pour la culture et les connaissances du Saint Coran dépendant du bureau des propagandes islamiques de l’école théologique de Qom et éditeur en chef de la revue coranique, Naba, a déclaré : « Avant d’examiner l’exégèse de l’Allameh Balaghi « Ala-or-Rahman fi Tafsir el Quran », il est nécessaire d’obtenir une certaine connaissance de l’espace où est écrite l’exégèse. Celle-ci a été écrite à la période qui peut être considérée comme celle du retour au Saint Coran. Dès la période où le soufisme a pris forme dans la société islamique et le traditionalisme a connu un essor, le système politique de l’Islam a subi de grands dégâts. Par ailleurs, le pouvoir de l’analyse et de la définition, soit le système de la déduction a été affaibli en raison de la présence puissante des traditionalistes. »
Il a ajouté : « Le discours dominant dans les sociétés islamiques ne tolérait aucune référence au Saint Coran. Le traditionalisme chez les chiites et l’Acharisme chez les sunnites étaient tellement enracinés que l’Islam se réduisait à la compréhension des pieux ancêtres et ces derniers, pour les sunnites, étaient les quatre juristes et chez les imâmites, les imams saints (AS). Par conséquent, la porte du vrai Ijtihad a été fermée sur la société et les savants. On ne sentait plus le besoin de se référer aux premières sources à savoir le livre et la tradition, au point que les étudiants en théologie ne se référaient plus, au cours de leur formation, ni au Saint Coran ni aux hadiths. »
Mansouri a continué : « Avec l’apparition du grand réformateur, l’ayatollah Vahid Behbahani, il y a eu une évolution fondamentale dans le retour aux sources des hadiths et après avoir vaincu les traditionalistes, les partisans de l’emploi des méthodes rationnelles et appliquées ont pu revivifier la référence à la tradition et aux hadiths pour extraire les prescriptions ; cependant, ce retour au Coran n’a pas eu lieu avant la période du réveil islamique, c’est-à-dire pendant les défaites consécutives et l’occupation des pays islamiques par les colonialistes européens. »
Il a expliqué : « La période où vivait l’Allameh Balaghi, disciple du grand Mirza Chirazi, émetteur de la fameuse fatwa contre l’accord de Regy et sur l’interdiction de la consommation du tabac au début de la révolution conscientielle en Iran, fut celle du retour au Coran. A cette époque, dans tous les territoires de l’Islam, a été lancé l’appel au retour aux principes et aux origines, par des gens qui étaient pour le retour au Coran et aux sources de la tradition. Parmi ces personnes, on peut citer le chiite Jamaleddin Assadabadi qui a commencé ses activités à Al Azhar et dont les disciples, Mohammad Abdoh et Mohammad Rachid Réza, dirigeaient le mouvement du retour au Coran en Egypte.
L’éditeur en chef de la revue coranique Naba a précisé : « Chez les chiites, on peut trouver très peu d’exégèses qui répondent aux besoins du temps et l’Allameh Balaghi est sans doute le fondateur du mouvement du retour au Coran pour répondre aux besoins culturels, sociaux et idéologiques du temps. »
Le chercheur coranique a ajouté : « La nécessité de définir la réalité de l’Islam et le rejet des prétentions des ennemis qui considéraient le Coran comme le produit du Prophète (SAWA) et qui attribuaient l’échec politique et social et le sous-développement des musulmans au Saint Coran, ont conduit l’Allameh Balaghi à acquérir les langues étrangères et à s’initier à la Thora et à la Bible pour les critiquer et défendre les réalités et la place du Saint Coran. »
Khalil Mansouri a expliqué : « Le climat où l’Allameh Balaghi a écrit son exégèse était un climat anti-exégèse où toute référence au Coran, exceptée par les hadiths, était considérée comme méprisable voire blasphématoire. Dans une telle atmosphère, vu les besoins du temps, il a dirigé le mouvement du retour au Coran dans les écoles théologiques chiites et a réussi à éduquer des disciples qui ont préparé la révolution du retour au Coran. »
Il a ajouté : « Les doutes émis par les orientalistes chrétiens et juifs eurent pour but de présenter le Saint Coran comme sans fondement et de déraciner l’Islam, c’est pourquoi tout en présentant de nouvelles notions et en répondant aux questions posées par ces orientalistes, l’Allameh Balaghi a essayé de rendre la pareille et de révéler les fondements altérés de la Thora et de la Bible. »
« La méthode employée par Balaghi a été appliquée par ses disciples y compris l’ayatollah Khoï, l’ayatollah Seyed Abolaala Sabzevari, dans son « Mawaheb-or-Rahman fi Tafsir el Quran » et l’Allameh Tabatabaï, dans « Al Mizan » et l’exégèse du Kalam, historique, politique, sociale…d’Al Mizan a pris forme sur cette même base.
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