‘’Le camp (de formation), c’est une manière de booster la politique de formation au niveau de la zone’’, a indiqué Mouhamadou Lamine Gaye à l’APS, précisant que cette session de formation sera suivie de cours hebdomadaires de renforcement de capacités, ‘’afin que le niveau de conscience soit beaucoup plus élevé dans les sections’’.
Depuis vendredi dernier, le CEM Thierno Souleymane Agne du quartier Liberté qui abrite la session de formation, vit au rythme de séances de formation islamique de base, à savoir des cours de Coran, fiqh (jurisprudence), aqida (dogme), hadiths (traditions prophétiques) dans la matinée. Les après-midi étaient réservés aux conférences sur la spiritualité, militantisme, les méthodologies de travail, ainsi que la vision et la mission de l’Aeems, a expliqué M. Gaye.
‘’Les régions périphériques ont un niveau de formation beaucoup plus faible’’, compte tenu de l’éloignement par rapport à la capitale, où est concentré le potentiel de formateurs disponibles lesquels ont des déplacements peu fréquents dans ces zones, a relevé le nouveau président de l’AEEMS, élu à l’issue du congrès d’avril dernier.
‘’Depuis le congrès, j’ai décidé de mettre l’accent sur les régions périphériques, à savoir les régions de Tambacounda et Ziguinchor’’, a noté M. Gaye, faisant état d’un constat selon lequel ces régions regorgent d’un ‘’potentiel humain important’’, mais font face aux grandes distances qui séparent les différentes sections.
L’association a entamé une procédure de formation des formateurs, lors d’un séminaire organisé en septembre dernier. ‘’Nous avons commencé par une politique d’harmonisation des formations à tous les niveaux pour toutes les matières devant être enseignées’’, a-t-il noté, ajoutant que des brochures produites avec des spécialistes, serviront de supports aux formateurs qui assureront le suivi au terme du camp.
‘’Il y a une progression fulgurante de l’AEEMS dans la région de Tambacounda’’ où elle a été installée il y a quatre à cinq ans, a soutenu son président, d’après qui, l’associaiton qui compte cinq sections dans la région, est présente à Koussanar, Tambacounda, Sinthiou Malème, Ndoga Babacar. Elle compte s’implanter dans le département de Bakel et la région de Kédougou, a dit M. Gaye. ‘’Nous avons l’ambition d’être dans tous les départements de Tambacounda, dans tous les collèges et dans tous lycées’’, a-t-il dit.
Evoquant la vision de la structure islamique qu’il dirige, le président de l’AEEMS a relevé qu’elle a opté pour une ‘’appropriation des textes tels que définis par le Coran et la sounna’’. ‘’Nous sommes pour un islam ouvert à la modernité, mais ferme sur le principe, sur le dogme’’.
‘’Nous voulons, a-t-il poursuivi, un prototype de Sénégalais qui est islamiquement bien formé mais également très en phase avec les réalités de son pays, qui demain, pourra être au plus haut niveau de responsabilité et défendre les valeurs que prône l’islam’’. Il a ajouté que l’association créée en 1993, est attachée à l’éthique.
Le président de l’AEEMS a, en outre relevé que ce regroupement d’élèves et d’étudiants qui compte des membres à travers le pays, a pour crédo de se rendre ‘’utile’’ à son pays et compte développer le bénévolat. ‘’Aujourd’hui, il ne suffit plus de rester à Dakar où l y a des infrastructures, où les gens peut-être peuvent manger trois fois par jour’’, a-t-il estimé.
Pour lui, il faut aussi s’intéresser aux zones où les populations sont confrontées, entre autres difficultés, à des difficultés d’accès à l’eau potable, aux infrastructures sanitaires. ‘’C’est des situations qui nous révoltent et nous allons y apporter notre modeste contribution’’, a-t-il noté, précisant que l’association ne bénéficie, pour ce faire, d’aucun financement de l’extérieur, mais ne compte que sur les cotisations de ses membres.
Le camp se déplace mardi à Ziguinchor où sont prévus des consultations médicales, ainsi que des dons de vivres et d’articles vestimentaires.
Source: APS