L'Hodjat-ol-islam Mir Abol Fath Da'wati, chercheur coranique et chercheur en sciences islamiques, dans un entretien avec l'Agence iranienne de presse coranique, a déclaré que l'imam Moussa Sadr s'adressait à la nature humaine sans tenir compte des différences religieuses ou idéologiques.
"L'imam Moussa Sadr qui vivait à Qom et avait fait ses études dans cette ville, à la mort de son père l'Ayatollah Seyed Sadr-o-din Sadr, devint l'objet d'une attention spéciale de l'Ayatollah Borujerdi qui lui conseilla de suivre des études de sciences islamiques.
L'Ayatollah Borujerdi étant donné que Moussa Sadr parlait bien l'arabe et avait vécu à Najaf un certain temps, l'envoya au Liban auprès des chiites de ce pays pour s'occuper de leurs affaires et être son représentant.
J'ai rencontré l'imam Moussa Sadr alors que j'étais étudiant lors d'un de ses voyages en Iran. Je l'ai accompagné à Téhéran et je me souviens que dans ses commentaires coraniques, il parlait du gouvernement et de la Wilayat. Alors qu'à cette époque les étudiants des centres islamiques n'étaient pas très versés en politique, il abordait les questions islamiques dans des cadres politiques.
Il m'a d'ailleurs remis des photos et ses notes pour que je les rédige. Il disait que les chiites libanais étaient très la classe la plus défavorisée de la population, malgré les efforts des religieux chiites comme l'Ayatollah Seyed Abdol Hossein Sharaf-o-din qui était à l'origine des mouvements politiques et indépendantistes au Liban.
Il s'occupa donc des questions culturelles et des problèmes législatifs des chiites qui malgré leur combat contre le régime sioniste et les grandes pertes humaines qu'ils avaient subies, n'étaient pas assez représentés au gouvernement.
L'imam Moussa Sadr grâce à ses discours et ses relations avec les tribus et les partis politiques, entre donc en politique et réussit à exercer une influence sur le Parlement. Avec le martyr Mostafa Chamran et d'autres personnes venus d'Iran, d'Egypte et d'autres pays, il organise la formation militaire des chiites qui vivaient à la frontière israélienne, cette activité contribuera à la formation du Hezbollah, par la suite.
Il se mit ensuite à voyager dans les pays arabes et à rencontrer les dirigeants arabes pour leur demander des aides financières. Mohamad Kadhafi bien que dépendant des Etats-Unis et d'Israël, se présentait comme un révolutionnaire anti sioniste comme ce fut aussi le cas pour Yasser Arafat. Il aurait donc proposé une grande somme d'argent à Moussa Sadr pour l'attirer et repérer ses partisans. L'imam fut fait prisonnier avec l'aide de Kadhafi, au début de la Révolution islamique, en Iran.
Des personnes affiliées au régime, sous le nom de Moussa Sadr et de ses compagnons, entrèrent en Italie et disparurent de façon curieuse.
J'espère que le mouvement du peuple libyen aboutira à la chute de Kadhafi et de son régime, et que nous pourrons avoir des nouvelles de Moussa sadr et qu'il sortira sain et sauf des prisons de ce dictateur comme ce fut le cas de l'Ayatollah Taleghani, libéré lors de la Révolution islamique d'Iran.
L'imam Moussa Sadr avait beaucoup travaillé pour le rapprochement des écoles islamiques et même des différentes religions. Selon lui, les chrétiens, les musulmans et les juifs des territoires occupés étaient tous des opprimés.
Les Saints Imams (AS) nous ont conseillé d'avoir des relations avec les adeptes des autres religions et d'être une fierté pour l'islam. Les guerres qui ont été lancées par les étrangers entre chiites et sunnites, n'ont servi à rien, les chiites, les sunnites et les chrétiens doivent s'unir pour lutter contre l'oppression qui leur est faite.
L'imam Moussa Sadr avait suivi dans ce domaine, les enseignements de l'Ayatollah Khomeiny et de l'Ayatollah Borujerdi. Les commentaires coraniques de l'imam Moussa Sadr n'étaient pas des commentaires linguistiques et ésotériques mais des commentaires sociaux comme ceux de Motahhari. Il s'adressait à tous et dans un style très simple. Ses commentaires n'avaient rien d'académique, il abordait les sujets coraniques de façon très simple et en fonction des besoins de la société.
Bien entendu cela ne veut pas dire que l'imam Moussa Sadr négligeait l'enseignement coranique, beaucoup de centres coraniques portent son nom et étaient sous sa responsabilité à l'époque", a dit L'Hodjat-ol-islam Mir Abol Fath Da'wati qui est l'auteur de nombreux livres dont "les musulmans chiites au Liban", publié pour la première fois en 1976 en Iran.
753527