Les problèmes et les limites de la traduction coranique

13:30 - May 03, 2011
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Téhéran(IQNA)- Le Coran d'ailleurs nous met au défi de créer un ou quelques versets semblables. A mon avis, les meilleures traductions en anglais, sont celles d'Arberry et de Piktall, malgré les erreurs ou les problèmes qu'elles posent et qui viennent des différents objectifs des traducteurs.
Esmat Shahmoradi, responsable du groupe de traduction coranique en anglais et des traductions de textes religieux à l'université Tabataba'i, dans un entretien avec l'Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA) sur les possibilités et les limites des travaux de traduction coranique, a déclaré :
"Dans mes cours sur la traduction coranique, je précise toujours qu'il est impossible de traduire ce que j'appelle "la présence divine" qui est un miracle coranique. Cependant tout le monde est d'accord sur le fait qu'il est nécessaire de faire des traductions pour initier dans une certaine mesure, les non arabisants aux préceptes coraniques. Le Coran d'ailleurs nous met au défi de créer un ou quelques versets semblables. A mon avis, les meilleures traductions en anglais, sont celles d'Arberry et de Piktall, malgré les erreurs ou les problèmes qu'elles posent et qui viennent des différents objectifs des traducteurs.
Les versets coraniques ont plusieurs niveaux, certains hadiths parlent de sept niveaux sémantiques, accessibles selon le niveau d'initiation spirituelle. L'objectif est de répéter dans la traduction, l'effet du texte initial. Le style et le vocabulaire doivent aussi être respectés, par exemple les traduction des expressions«ایّاكَ نَعبُد» et«نَعبُدُكَ» ne doivent pas être semblables même si leur sens est très proche. La première expression sera traduite par "C'est Toi que nous adorons" et l'autre par "Nous T'adorons". Le mot «صمد» qui est un des Noms divins, est pratiquement intraduisible.
Aucune traduction ne transmet la densité lexicale de ce terme arabe, c'est aussi le cas pour le mot «vali» dont le champ sémantique est très large.
Le traducteur dans ce cas, est obligé d'utiliser plusieurs termes. Cela contribue à une augmentation du volume de la traduction par rapport au texte coranique, c'est surtout le cas dans les traductions faites au Pakistan. Certains termes comme «Abd» sont intraduisibles de même que certaines connotation coraniques et versets qui sont polysémiques ou même ambigus, comme le verset 21 de la sourate "Hadid" : « ذَلِكَ فَضْلُ اللهِ یُؤْتِيهِ مَنْ یَشَاءُ» qui signifie Dieu accorde Ses bienfaits "à qui Il veut" ou "à celui qu'Il a choisi". Le lecteur du texte en arabe, comprend les deux significations en même temps, mais le traducteur doit choisir l'un des deux sens. C'est la raison pour laquelle certains traducteurs ont parlé "d'interprétation coranique" au lieu de parler de traduction.
Le traducteur doit maitriser la langue cible et la grammaire arabe, certains verbes au passé en arabe, doivent être mis au présent en anglais. Il est nécessaire parfois de recourir à des équivalents sémantiques dans le cas où le terme exact n'existe pas en anglais. Des termes différents peuvent faire allusion au même concept mais ne peuvent pas être traduits de la même manière.
A mon avis, un traducteur coranique doit avoir une bonne connaissance des travaux de commentaire et être très méticuleux dans l'apparence et le fond. Il vaut mieux qu'il ait des relations avec les religieux et les spécialistes en sciences coraniques, et les spécialistes de la langue dans laquelle il traduit".
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