Yaghub Tavakoli, professeur d'université et historien, lors de la réunion le 24 mai 2011, sur "la pensée politique des mouvements islamiques contemporains", a présenté un article sur "les mouvements islamiques au Moyen Orient" et a déclaré que l'Arabie Saoudite savait que si elle est obligée de se retirer du Bahreïn, la dictature en place au Bahreïn s'effondrerait.
"C'est la raison pour laquelle l'Arabie saoudite souhaite voir les usa s'engager dans une guerre dans la région et entrer en conflit avec l'Iran", a-t-il dit.
"Pour comprendre les révolutions dans le Moyen Orient, nous devons connaitre les forces sociales, l'équilibre ou le déséquilibre entre les partisans et les opposants au pouvoir, et le niveau de sacrifice qui existe dans ces deux groupes.
Le groupe des partisans de niveau moyen est celui qui participe aux élections et éventuellement aux manifestations progouvernementales. Le second groupe qui est plus impliqué dans les affaires gouvernementales, est prêt à affronter des dangers pour défendre le gouvernement. Ce groupe aussi, a des degrés différents dont le meilleur est celui des partisans prêts au sacrifice et à affronter les dangers.
Dans le camp des opposants, c'est la même chose, le premier niveau est celui des gens qui ne participent à aucune action politique, le second groupe participe à des réunions, signe des pétitions et fait des discours sans accepter d'être emprisonné ou torturé comme ceux du troisième groupe.
Reste le groupe des indifférents qui ne se situe qu'en période de crise.
C'est dans ce cadre qu'il est possible d'étudier les révolutions de Libye, d'Egypte, du Bahreïn, de Tunisie et du Yémen.
En Egypte, les groupes révolutionnaires comme les Frères musulmans, Al Djahad et Al Jama'a, sont devenus plus actifs et ont rejoint les mouvements populaires, l'armée s'est déclarée neutre abandonnant les services de sécurité et contribuant ainsi à la chute du régime de Moubarak.
En Lybie par contre, le pouvoir a réussi à créer une fissure entre le camp des opposants et celui des partisans, qui a contribué à une guerre civile qui sert le pouvoir et fait trainer le conflit. L'Occident souhaite une division de la Lybie et ne souhaite pas la victoire des opposants car une révolution en Lybie serait au détriment des Occidentaux.
En Tunisie, la situation a tourné très vite au profit des opposants, laissant perplexes les commentateurs, mais au Yémen les opposants n'ont pas pris les armes. Dans ce pays le pouvoir cherche par la répression, à fatiguer et décourager les opposants qui doivent éviter de faire marche arrière.
Au Bahreïn, la situation est plus critique, ce pays comprend 70% de chiites et 30% de sunnites pro wahhabites, présents au gouvernement et dans l'armée. Ce déséquilibre des forces fait que les opposants se radicalisent et que la situation politique penche vers la violence. L'entrée des forces étrangères d'Arabie Saoudite avait pour objectif de faire de ce conflit un conflit confessionnel au Bahreïn et dans la région. L'Arabie Saoudite sait que si elle est obligée de se retirer du Bahreïn, la dictature en place au Bahreïn s'effondrera. C'est la raison pour laquelle l'Arabie saoudite souhaite voir les Usa s'engager dans un conflit régional et avec l'Iran", a-t-il expliqué.
Meysam Shirvani, responsable du groupe de recherche politique à l'université Imam Sadegh(AS), a présenté son étude sur la pensée islamique et politique, et les mouvements révolutionnaires.
"Il est nécessaire pour comprendre cela, de faire une étude des contextes géographiques, historiques et intellectuels du monde de l'islam, et du rôle des centres islamiques comme le Centre islamique de Londres qui est le plus réputé, créé par Kalim Sedighi, intellectuel pakistanais, et qui a subi de nombreuses transformations après la Révolution islamique en Iran.
Ses travaux de présentation des thèmes islamique en anglais ont permis aux anglophones de se familiariser avec la prière, le Djihad et la Révolution islamique, et a permis la formation de nombreuses personnes engagées dans le monde. D'autres centres comme le Centre de pensée islamique contemporaine au Canada, le Centre islamique de Washington et les groupes islamiques d'Afrique du sud, ont donné naissance à d'autres groupes politisés et actifs, après la deuxième intifada du peuple palestinien en 2001.
Les intellectuels qui exercent une influence sont parmi les musulmans, Yussof Qarzawi, Fahmi Howeida et Mohamad Hosseinein Heykal, et parmi les non musulmans Hassan Hanafi et Mohamad Abed Al jaberi. Les mouvements et les partis qui jouent un rôle dans les révolutions au Proche orient, sont les Frères musulmans en Egypte et le mouvement Al Nahzate en Tunisie qui sont tous les deux des groupes anciens et actifs dans l'opposition. Cependant l'influence de ces trois éléments dans les mouvements récents au Proche Orient et en Afrique du nord, est moins forte chez les jeunes, que les groupes Twitter et ceux de Facebook", a-t-il déclaré.
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