Les Egyptiens se sont, de nouveau, donnés rendez-vous, pour descendre dans la rue et réclamer le renversement de Hosni Moubarak. Des centaines de milliers de personnes s'apprêtent, donc, à manifester, sur la place Al-Tahrir, etm ailleurs, dans le pays, pour réclamer le départ de Moubarak et la formation d'un gouvernement d'Union nationale. Il y aura, aujourd'hui, de grandes manifestations, dans d'autres villes de l'Egypte, notamment, à Alexandrie. Les forces de l'armée ont bouclé, entièrement, la place Al-Tahrir. Elles fouillent les manifestants, pour empêcher les mercenaires de Hosni Moubarak d’accéder à la place Al-Tahrir.
La démission du bureau exécutif du parti au pouvoir n'a pas calmé les manifestants, car ils pensent qu'il s'agit d'un stratagème, de la part du pouvoir, pour refuser de se soumettre aux exigences du peuple, dont la principale consiste à obtenir le départ de Moubarak. Des personnalités politiques et culturelles ont publié un communiqué, pour exprimer leur solidarité avec les manifestants, qui ne veulent plus entendre parler du maintien de Moubarak au pouvoir. Les dernières dépêches, en provenance d'Egypte, annoncent que les Chrétiens coptes vont rejoindre les manifestants. Dans le même temps, des rumeurs circulent, selon lesquelles, l'armée entendrait ouvrir le feu sur les manifestants.
Mais, à ce stade, il ne s'agit que de rumeurs, car l'armée a annoncé qu'elle ne tirera jamais sur les manifestants. Parallèlement, les «Frères musulmans» ont annoncé que la démission collective du bureau exécutif du parti au pouvoir était le signe de la chute du régime. Certains partis, aussi, ont annoncé qu'ils se méfiaient, totalement, de Hosni Moubarak, l'accusant, lui et son entourage, de vouloir contourner la révolution du peuple égyptien.
Les festivités ont commencé dès la fin de la prière du vendredi célébrée par cheikh Youcef Qaradhaoui qui a indiqué, dans son prêche, que ce jour était "celui de tous les enfants d'Egypte" proposant de baptiser la place Tahrir du nom de "place des martyrs de la révolution du 25 janvier".
Cette révolution à laquelle ont participé toutes les catégories du peuple égyptien, a-t-il dit, "n'était pas une révolution ordinaire mais une révolution d'enseignement pour le monde entier". Les jeunes qui ont concrétisé la victoire "n'ont pas vaincu seulement l'ancien système, mais également l'injustice le chômage, le vol, le pillage et l'égoïsme", a-t-il affirmé.
Les éléments de l'armée se sont positionnés aux abords de la place pour vérifier et contrôler, avec l'aide des comités de la jeunesse du 25 janvier, l'identité des manifestants afin d'empêcher d'éventuels actes de sabotage ou des troubles.
L'armée a bloqué toutes les issues menant à la place afin de protéger les festivités prévues. La circulation a été détournée et les éléments de l'armée ont été postés dans les rues principales.
Les jeunes ont installé une stèle commémorative portant les photos et les noms des martyrs de la révolution surmonté du drapeau égyptien.
Des masses de plus en plus nombreuses continuaient à affluer vers la place brandissant des drapeaux et des photos des martyrs, scandant des chants patriotiques et demandant aux autorités en place d'accélérer l'application des revendications de la jeunesse. Les coptes ont eux aussi célébré cette fête avec des chants liturgiques pour affirmer leur participation au succès de cette révolution.
Ce climat de fête se poursuivra jusqu'à la nuit avec la participation d'orchestres et d'artistes.
Des manifestations grandioses sont prévues, selon la presse, dans différentes régions du pays à l'initiative de forces politiques, de la jeunesse du 25 janvier et des mouvements populaires demandant "l'application des revendications de la "révolution".
Les manifestants demandent la libération immédiate des détenus politiques, le changement de l'actuel gouvernement, l'amendement de la Constitution et l'annonce officielle de la levée de l'état d'urgence. 10.000 personnes ont participé vendredi après-midi aux manifestations du "vendredi de la fidélité" devant la mosquée Mustapha Mahmoud, rue de la Ligue arabe à Djiza pour demander d'honorer l'ancien président Hosni Moubarak.
Les manifestants ont brandi des banderoles demandant à l'armée d'honorer l'ex-président Hosni Moubarak en lui accordant la considération qu'il mérite "pour tout ce qu'il a fait pour le pays".
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