Seyed Sadegh Tabataba'i, neveu de l'imam Moussa Sadr et professeur à l'université de Aachen, dans un entretien avec l'Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), a déclaré que certains avaient accusé l'imam Moussa Sadr de chercher des relations avec les chrétiens au lieu de renforcer l'union des musulmans.
"L'imam Moussa Sadr pensait qu'il fallait que les chiites qui vivaient dans la plus grande pauvreté, retrouvent leur place dans la société et soient considérés de façon égale avec les sunnites. Trois groupes étaient opposés à ses activités, les groupes de gauche qui existaient depuis une quarantaine d'années au Liban, qui ne voyaient pas d'un bon œil les efforts et les succès de Moussa Sadr, l'ambassade d'Iran au Liban qui n'était pas satisfaite de l'absence de soutien de Moussa Sadr au Shah, et les Iraniens qui étaient venus au Liban et avaient ensuite été expulsés en Syrie et dont Moussa Sadr avait toujours résolu les problèmes de séjour ou autres.
Ces derniers avec l'aide de l'ambassade et du Mossad, publiaient de faux documents contre Moussa Sadr qui ont été découverts après la Révolution. Ces documents cherchaient à prouver que Moussa Sadr avait fait des compromis au Shah d'Iran, cherchait à diviser la communauté musulmane au Liban et que ses activités nuisaient à la Palestine. L'imam Moussa Sadr avait répondu à ces accusations en disant que les sunnites représentaient 40% de la population libanaise et avaient de grands pouvoirs, et qu'il n'était pas évident que l'union profite aux chiites qui vivaient dans la plus grande pauvreté.
"Il vaut mieux, avait-il dit, que les chiites prennent la place qu'ils méritent et un certain pouvoir, et ensuite parler d'unité".
En 1971, de nombreux militants et élèves de l'Ayatollah Taleghani et de M Bazergan, étaient en prison. Le martyr Baheshti, l'épouse de l'Ayatollah Rafsanjani et des parents de prisonniers se sont rendus auprès du frère de Moussa Sadr pour qu'il intervienne auprès du Shah pour la libération de ces prisonniers. L'imam Moussa Sadr avait répondu qu'il ne fallait pas compter sur les promesses du Shah mais sur l'insistance de Bazergan, il se rendit auprès du Shah. C'est à cause de cette rencontre que certains ont prétendu que Moussa Sadr était en relation avec le Shah".
"Deux mois après la publication d'un texte de Jalal-o-din Farsi contre l'imam Moussa Sadr, avec Ghot Zadeh, je me suis rendu à Beyrouth et à Damas. La première question de Moussa Sadr a été de savoir si Jalal-o-din n'avait pas de problèmes financiers. Seyed Mohamad Bagher Sadr a raconté qu'il avait beaucoup insisté pour que Moussa Sadr reste à Najaf. Il avait répondu que l'atmosphère était comme à Qom très pesante, et qu'il fallait terminer l'œuvre de Seyed Jamal-o-din Asad Abadi, sans répéter ses erreurs.
L'imam Moussa Sadr était contre le projet de l'Urss à l'époque, qui consistait à rassembler 300000 Palestiniens et à les installer au sud du Liban. L'imam Moussa Sadr était opposé à ce projet car disait-il, "les chiites vivent et travaillent dans cette région depuis des années". De plus il estimait que la présence de Palestiniens dans cette région frontalière risquait en cas de conflits, de provoquer des bombardements de la part du régime sioniste et que cela était un complot pour diviser le Liban.
Il a donc commencé des voyages dans les pays islamiques pour avertir de ce danger et a rencontré Boumediene qui était le Président de l'Algérie qui lui a conseillé de rencontrer Kadhafi pour récupérer les fonds nécessaires.
L'imam Moussa Sadr pensait que cela était inutile et se vint chez moi en Europe. Avec Ghotb Zadeh, nous avons décidé d'accompagner l'imam Moussa Sadr en Libye pour demander à Kadhafi qui se disait opposé au Shah, de nous donner une chaine FM pour diffuser deux heures par jour, les messages de l'imam Khomeiny. Moussa Sadr a différé son voyage et je n'ai pas pu l'accompagner, Ghotb Zadeh a décidé de ne pas partir étant donné que je n'étais pas du voyage.
Après la disparition de Moussa Sadr, le martyr Beheshti m'a téléphoné pour me demander des nouvelles. Aucun des membres du personnel du vol en direction de l'Italie n'a reconnu avoir vu l'imam Moussa Sadr dans l'avion, et le procureur général italien a déclaré qu'il n'était jamais venu en Italie.
Le gouvernement libyen a démenti cette nouvelle et présenté des documents falsifiés sur son départ de Libye. Nous n'avons aucune nouvelles de lui depuis mais des nouvelles contradictoires sur son martyre ou son emprisonnent", a-t-il déclaré.
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