Dans une interview accordée à l’Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), ‘’ Amadou Diallo’’, Président de l’Association des étudiants chiites du Mali, a déclaré : ‘’ Dans la sourate 33, verset 33, Allah l’Omniscient proclame : « …Dieu ne veut autre chose, en vérité, que faire partir de vous la souillure, gens de la Maison, et vous purifier de purification ». En demandant aux théologiens musulmans de tous bords qui sont ces gens que Dieu veut purifier de toute souillure, ils sont unanimes à répondre qu’il s’agit de certaines personnes distinguées de la Demeure prophétique. Tous sont bien unanimes à dire , en effet, qu’il s’agit bien de certaines personnes distinguées, ce qui est conforme à la tradition de Dieu dans la révélation de Son message, depuis notre ancêtre Adam jusqu’à Mohammad(SAW).’’
‘’ Nous voyons bien donc que Dieu purifie certaines personnes, dans les Maisons des prophètes, à l’exclusion d’autres membres des mêmes familles. Dans tous les cas, si Allah dit qu’Il va purifier de toute souillure certaines gens de la Maison du Prophète Mohammad(SAW), c’est que ces personnes distinguées doivent avoir bien existé. Cette révélation divine nous oblige à croire qu’il y a bien des gens choisis, purifiés de toute souillure par la volonté d’Allah Lui-même, non sujets à l’erreur, incapables de commettre le moindre péché, députés à l’humanité pour être des guides (Imams). Satan lui-même reconnaît n’avoir aucune emprise sur eux. Nous appartient-il, à nous, de nier leur existence, l’évidence de ce que Dieu a voulu dans son Omniscience ? Les Gens choisis, par la volonté de Dieu Lui-même ont existé et existeront toujours jusqu’à la fin des temps’’, a-t-il ajouté.
Faisant allusion au mois de Muharram, ce journaliste a dit : ‘’ Les Chiites sont unanimes à clamer que c’est plutôt un jour de deuil, le jour où une immense tristesse s’est abattue sur la famille du Prophète par l’assassinat de l’Imam Hussain(AS), petit fils de Mohammad(SAW), deuxième fils de Ali Ibn Talib et Fâtimata Zahra, frère cadet de l’Imam Hassan(AS). Achoura, c’est le dixième jour du mois de Muharram, premier mois dans le calendrier lunaire (c’est tout comme si l’on désignait le 10 janvier dans le calendrier grégorien). C’est ce jour que l’Imam Hussain a trouvé le martyre dans le désert de Karbala, sous un soleil de plomb, par les sabres et les lances perfides et ignobles des bandes de nervis obéissant aux ordres de Yazid.’’
‘’L’Imam Hussain fut assassiné par des coups portés sur sa nuque, son corps a été mutilé (tête, bras et jambes coupés, poitrines déchiquetée, etc.) Son noble corps a même été soumis aux piétinements indécents des chevaux des adversaires sans foi. La bataille a été cruelle, inhumaine, car l’ennemi était sans dignité. L’Imam Hussain succombera, à 57 ans, après le massacre de 72 de ses compagnons, dont des membres de sa famille. C’était en l’an 61 de l’Hégire. Pour toutes ces raisons, Achoura ne peut nullement être pour les chiites un moment de réjouissance, ne serait-ce que pendant une seconde’’, a souligné Amadou Diallo.
Le Président de l’Association des étudiants chiites du Mali a précisé:'' Je suis heureux de constater que les musulmans n’ont pas voulu perpétuer le nom de Yazid dans le temps à cause justement du massacre inimaginable, inouï et inhumain qu’il a commandité sur les personnes de l’Imam Houssaïn, les membres de sa famille et ses compagnons. A ce niveau, le Cheick Amadou Hampâté Ba signale que les habitants de Hawd, à la frontière entre le Sénégal, le Mali et la Mauritanie, chaque fois qu’ils sont importunés par quelqu’un et qu’ils veulent l’injurier, lui lancent : « Celui-là est maudit comme Yazid » ou « Que la malédiction qui frappe Yazid soit sur toi », ou « Maudit comme Yazid ! ». D’où les Africains tiennent-ils ces expressions prenant le nom de Yazid comme symbole de la malédiction suprême ? a demandé l’islamologue malien, Cheick Habib Kane.''
''Permettez-moi ici un parallèle qui, me semble-t-il, porte un signe profond. Houssaïn, dont l’amour est porté par les musulmans à travers le monde, est mort à 57 ans, assassiné par les sanguinaires de l’ignoble Yazid. Son nom est aujourd’hui perpétué par des millions des adeptes de la Religion de son grand père Mouhammad. Sadi Carnot, ce président tant aimé par les Français, a aussi été assassiné en 1894, à 57 ans, par un anarchiste italien. Aujourd’hui, nombre de rues et de boulevards dans les grandes villes de France, dont deux à Paris, portent son nom. Signe de Dieu ? Je l’espère.
Faisons une petite incursion chez les hommes de Lettres. Nous retrouvons chez Alexandre Dumas, mort il y a 139 ans (1870) et qui fut le plus populaire des écrivains de l’époque romantique (il a signé près de 300 ouvrages), dans son roman Georges, resté inconnu jusqu’en 1974 puis réédité chez Gallimard en 2003, une description qui rappelle la tragédie de Karbala : « … ceux qui portent les sabres et les bâtons commencent à combattre en voltigeant les uns autour des autres, portant et parant les coups avec une adresse merveilleuse ; enfin, les derniers se frappent la poitrine et se roulent à terre avec l’apparence du désespoir, tous criant à la fois ou tour à tour : Yamsé ! Yamli ! O Hoseïn ! O Ali !... '', a exprimé ce journaliste malien.
909468