Ce nouveau numéro contient sept travaux de recherche et études à savoir : « Patrimoine et identité » signé par Dr Abdulaziz Othman Altwaijri ; « l’entre-connaissance des civilisations dans l’optique islamique » réalisée par Cheikh Al Azhar, Dr Ahmed Mohammed al-Tayyeb ; « Culture de la réforme et réforme de la culture » de Dr Abbas Jirari ; « Perspective islamique sur la citoyenneté » de Dr Yussuf al-Qaradawi ; « Dangers de l’historicisme sur les constantes de l’Islam » de Dr Mohammed Amara ; « Critique de l’occidentalocentrisme intellectuel » de Dr Saïd Bensaïd Alaoui ; et « Religion et Socialisation » de Dr Meriem Ait Ahmed.
Le Directeur Général de l’ISESCO, Dr Abdulaziz Othman Altwaijri, a signé l’éditorial de ce 28ème numéro consacré au Printemps de la pensée islamique, dont la teneur suit : « Fortes de leur histoire, de leur culture et de leur civilisation, les grandes nations ne se laissent pas défaire par les crises et les événements orageux auxquels elles peuvent être confrontées. Leur potentiel matériel et leur force spirituelle les rendent capables de braver les difficultés et de sortir triomphantes des batailles qui leur sont livrées. Et quand bien même ils essuieraient quelque défaite, leur volonté à toute épreuve restera toujours intacte. Elles disposent de capacités latentes et patentes qui leur permettent de se défendre et de se préserver pour garder leur place parmi les nations.
Aussi grands que soient les défis et les difficultés et aussi épais que soit le brouillard qui diminue leur visibilité, la volonté de vivre de la nation l’emporte toujours sur le mal et le désespoir. Dieu Tout Puissant a fait de la Oumma de Mohammad (PSL) la meilleure nation dont les hommes ont été gratifiés car elle a les atouts qui permettent à l’être humain de mener une vie libre et digne fondée sur la foi en un Dieu Seul, la recommandation du bien et la proscription du mal, l’instauration de la religion vraie, la contribution à la prospérité de la terre, conformément aux lois divines.
L’histoire montre que la Oumma islamique sort encore plus forte des crises qu’elle traverse. S’il lui arrive d’essuyer des défaites matérielles, elle n’a jamais succombé sur le plan moral malgré tous les blocus et toutes les attaques qu’elle subit et en dépit de la multitude de ses ennemis. Et quand bien même la félonie et la conspiration de ses ennemis atteignent leur paroxysme, notre Oumma a toujours su renaître de ses cendres la tête haute. Les outrages et les injustices qu’elle peut subir demeurent de simples pages du grand livre de l’histoire que l’on tourne certes, mais dont on tire les plus riches enseignements. Le grand Ibn Khaldûn nous apprend beaucoup sur ce chapitre.
La conjoncture que traverse la Oumma actuellement ne diffère pas des autres conjonctures difficiles qu’elle a connues des siècles auparavant, et non pas seulement au cours du siècle dernier où plusieurs régions du monde islamique étaient sous occupation européenne. Mais si la conjoncture actuelle paraît plus rude, c’est par ce que, d’une part, elle coïncide avec le développement fulgurant des technologies de l’information et de la communication. De fait, il suffit qu’un événement aussi insignifiant soit-il survienne dans l’une des régions du Monde islamique qu’il est rapidement transmis au reste de la planète. Or, cette conjoncture difficile est due aux campagnes agressives menées contre la Oumma dans tous les domaines. Tout ceci confère aux événements que vivent les sociétés islamiques à travers le monde un caractère global donnant l’impression que ces événements sont des ouragans d’une force et d’une violence telles qu’elles suscitent un sentiment de peur et de désespoir.
Cependant, la Loi de Dieu nous rappelle sans cesse à l’évidence qui veut que la Oumma islamique ne sera jamais vaincue car Seul Dieu, Maître de l’univers, est Vainqueur. C’est notre source d’espoir, de motivation et de confiance en un avenir meilleur où la vie conjure le désespoir et la faiblesse cède le pas à la force. Quoi qu’il en soit, les crises trouvent toujours une issue car rien n’est appelé à durer et l’évolution est une loi de la nature. Autant dire qu’il y aura toujours des raisons d’espérer malgré les difficultés et que l’amélioration de la situation est imminente.
En cette deuxième décennie de notre millénaire, le Monde islamique connaît une succession d’événements et de changements qui surviennent de manière rapide et fulgurante. Pour gérer au mieux ces changements, la pensée islamique adopte des solutions pertinentes lui permettant de sortir de cette crise civilisationnelle et de relever le défi majeur auquel la Oumma se trouve confrontée à tous les niveaux. En effet, quelle que soit l’ampleur de la crise, l’on se doit de déployer des efforts pour promouvoir notre pensée islamique, tout en réfléchissant à notre réalité et à notre destin. L’on se doit également de revisiter le rôle de la libre pensée critique dans le développement de la société et le renouveau civilisationnel en général.
Les crises que connaît la Oumma islamique, en cette période critique, donneront à la pensée islamique un nouveau souffle et y apporteront du sang nouveau pour lui permettre de mener à bien sa noble mission, inspirée à la fois du Saint Coran et de la pensée humaine universelle. En plein mouvement et en pleine activité, la pensée islamique s’adapte à la vie actuelle et à ses changements, faisant des crises une source de renouveau. Si d’aucuns considèrent ces crises comme un motif de désespoir et de frustration, d’autres les considèrent, en revanche, comme autant d’opportunités pour trouver des solutions aux problèmes qui les ont engendrées. Tenant compte de ces réalités variables et constantes, il sera possible d’analyser la situation des communautés islamiques, les causes des crises qu’elles traversent et les différents déséquilibres politiques, sociaux, économiques et intellectuels qui en résultent. C’est là l’essence même de la mission de la civilisation islamique.
La pensée islamique vivra ainsi un éternel printemps où fleurissent les idées et muriront les meilleurs fruits ».
Source: ISESCO