Dans une interview accordée à l’Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), ‘’Ian Mansour de Grange’’, penseur musulman et ressortissant français résidant en Mauritanie, a déclaré que ‘’ Le drame de Bagram nous convie, musulmans et musulmanes, moins à la colère qu’à la persévérance. Persévérance à mieux vivre notre foi, au quotidien ; à mieux en témoigner par nos actes, nos paroles, nos pensées ; à combattre l’ignorance, la désinformation, la peur ; à rechercher, à partir de nos sources, les plus adaptés remèdes au trouble mondial. Vigilants, ne rentrons pas, pour autant, dans le jeu de l’affrontement.
Restons sereins : l’islam est l’ultime médecine universelle et nous devons proposer ses soins à tous, sans distinction, confiant en ce que seul Dieu détient la clé du destin de tous et de chacun, fût-il, apparemment, le plus malade, le plus éloigné de Lui. Car c’est Lui, certes, Le Savant, le Très Miséricordieux, Le Tout Miséricordieux.’’
‘’Une « erreur [...] commise par inadvertance », comme le prétendent l’équivoque Karzaï et le général Allen, ou un acte islamophobe délibéré ? Le fait est que des soldats américains ont brûlé des exemplaires du Saint Coran, en Afghanistan, sur ordre de leur officier supérieur. Après la dizaine de graves atteintes à la foi musulmane, perpétrées, par leurs troupes, dans ce pays traumatisé par un demi-siècle de guerres incessantes, les Américains continuent à entretenir la haine des populations à leur égard.
A l’exporter, même, partout sur la planète : l’information a déjà fait plusieurs fois le tour de la Terre et pénétré dans les plus humbles demeures musulmanes. C’est l’Oumma tout entière qui souffre. Encore une fois’’, a-t-il ajouté.
Selon lui, ‘’L’hypothèse, douteuse, de l’erreur révèle, à tout le moins, la légèreté de formation d’un officier qui aurait dû savoir qu’on ne brûle pas un livre écrit en arabe, sans vérifier ou faire vérifier s’il n’y est pas fait quelque mention du Saint Livre.
A fortiori, donc, un exemplaire de Celui-ci. On comprend, certes, au vu de la dégradation effroyable du sens du Sacré, en Amérique du Nord, en Occident et, d’une manière encore plus générale, dans la société mondialisée de consommation, que le commun de ces soldats puisse agir sans aucun discernement ni respect. Mais que cette dégénérescence touche les officiers, c’est bien le signe de l’étendue de la gangrène, sinon de son extension. Faut-il se réjouir, pour autant, de la pourriture d’un système à bout de souffle ? Le drame est qu’il y est question, en fin de compte, de gens, comme vous et moi.’’
‘’Et le malheur, pour les auteurs de cet autodafé, est encore pire, s’ils ont agi sciemment. Sans les disculper de leur responsabilité individuelle, il faut, à cet égard, rappeler celle de l’Etat américain ; plus généralement, des forces d’argent qui orchestrent l’islamophobie, divisant pour mieux asservir l’Humanité. Tout est fait pour aveugler les peuples ; occidentaux, en premier chef. Informations mensongères ou plus ou moins grossièrement exagérées, slogans haineux, alarmes sécuritaires hors de propos, appels réitérés à la suspicion, matraqués à longueur de journée, mettent à rude épreuve les plus simples relations de voisinage. Abusés, divisés, les peuples souffrent.
Où sont les médecins ? Si nous devons nous élever et condamner, fermement, ces attaques contre notre foi, c’est dans son intégralité que nous devons assumer notre shahada, en prenant garde à ne pas la déformer par nos légitimes indignations. Témoigner de la médecine universelle que constituent le Saint Coran et l’exemple des Bien-Guidés. Témoigner de la nature pacifiante de l’islam, témoigner de ce que la fidélité n’est pas incompatible avec l’adaptation. Témoigner de l’alternative que propose Dieu, en permanence, au désordre mondialisé institué par la dictature de la chose marchande’’, a-t-il conclu.
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