Selon l'Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), le secrétaire général adjoint et le vice-président du Conseil exécutif du Hezbollah, cheikhs Naïm Kassem et Nabil Kaouk, ont tous deux reproché hier au 14 Mars de parier sur des changements en Syrie qui modifieraient la donne au Liban.
Les deux responsables hezbollahis se sont exprimés lors des cérémonies organisées dans deux écoles de la banlieue sud de Beyrouth et de Baalbeck, à l’occasion du port du hijab par des centaines d’écolières.
Dans son discours à l’école al-Moustapha de Ghadir, cheikh Kassem a accusé le 14 Mars de ne pas vouloir engager de dialogue. « Nous sommes prêts au dialogue sans préjugés, a-t-il déclaré. Mais lorsque certains tiennent des discours pour nous lancer des accusations, avant de nous inviter au dialogue, nous ne pouvons considérer ce dialogue que comme étant insignifiant », a-t-il dit, avant d’inviter le 14 Mars à « contribuer à édifier l’État qui appartient à tous, au lieu de le détruire. »
Cheikh Kassem a particulièrement appelé l’opposition à approuver le projet de dépenses hors budget qui s’élèvent à 8 900 milliards de livres « et à ne pas bloquer le vote de textes de loi au Parlement, sous prétexte qu’elle n’assume aucune responsabilité ». « Le gouvernement est en charge de l’exécutif, donc lorsque le Parlement bloque des textes en rapport avec les intérêts de la population, celle-ci va faire assumer à celui qui pratique ce blocage la responsabilité de la situation dont elle pâtit », a-t-il observé.
Le n° 2 du Hezbollah a insisté sur le fait que tout pari sur des changements régionaux est « caduc ». « Le 14 Mars table depuis l’année dernière sur un changement en Syrie, croyant que celui-ci se répercutera sur le Liban et lui permettra de contrôler l’État, mais son espoir a été déçu parce que la situation dans le pays voisin n’a pas évolué dans le sens qu’il souhaite », a affirmé cheikh Kassem, reprochant aux pays arabes et islamiques de « porter toute leur attention sur la situation en Syrie, en Irak, en Iran et en Turquie, et d’ignorer Israël ».
Cheikh Kaouk a pratiquement tenu le même discours à Baalbeck, en insistant sur le « maintien du gouvernement jusqu’aux prochaines législatives ». Il a estimé que « lorsque l’opposition n’a pas réussi à faire face à la Résistance et à l’affaiblir, elle a parié sur la crise syrienne, dans l’espoir qu’elle permettra de changer la donne au Liban ». Selon lui, « Israël, les États-unis et leurs instruments ont œuvré à leur tour pour un changement de l’équation actuelle, mais sans succès ».
Pour cheikh Kaouk, si la crise en Syrie « se poursuit, c’est parce qu’il existe une volonté arabe et occidentale d’attiser le feu de la discorde ». « Les Arabes et l’Occident essaient d’entraver la mission Annan, parce qu’ils souhaitent le démembrement de la Syrie », a-t-il accusé, en expliquant l’appui de son parti « à la majorité populaire en faveur de réformes en Syrie, par la volonté de faire échec à ce projet ».
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