Problèmes des partis politiques en Asie Centrale

9:39 - May 02, 2012
Code de l'info: 2316600
Téhéran(IQNA)- Pour obtenir de grandes évolutions dans la société soit il faut l’intervention des forces étrangères dont la Russie et les Etats-Unis, soit les organisations indépendantes doivent bénéficier du mécontentement public pour exciter le public et le faire descendre dans les rues, ce qui ne se voit pas en général dans les pays de l’Asie Centrale et en particulier au Kazakhstan.
Les évolutions sociales en Tunisie et ensuite en Egypte et en Libye, ainsi que les vastes protestations populaires au Bahreïn et en Arabie Saoudite ont placé le Moyen Orient devant d’immenses évolutions. Le taux élevé de chômage et la maigre croissance économique, ainsi que les mécontentements publics se trouvent à l’origine de ces soulèvements. L’Asie Centrale, en voisinage du Moyen Orient, est le siège des dictateurs, là où le mécontentement social met, tout comme dans les pays arabes du Moyen Orient, les gouvernements au défi.
Pour examiner les circonstances actuelles et le processus des mouvements islamiques en Asie Centrale nous avons interviewé Hassan Behechtipour, expert supérieur des questions internationales.
IQNA : Etant donné les conditions politiques et sociales en Asie Centrale, peut-on s’attendre à des révolutions semblables à celles ayant eu lieu au Moyen Orient arabe ?
HB : L’Asie Centrale a ses propres particularités et des indices de ce qui est appelé « éveil islamique » ne se voient pas dans cette région.
IQNA : Selon les informations existant, les partis islamiques en Asie Centrale mènent différentes activités politiques et sociales. A votre avis, ne peuvent-ils pas préparer des changements au niveau des gouvernements ?
HB : En fait, toutes les nouvelles évolutions politiques en Asie Centrale, suivant les protestations populaires au Kirghizistan méritent d’être examinées. Les mouvements populaires dans cette région ont conduit à la chute de Ghorban Beik Baghiev.
La tenue des premières élections libres au Kirghizistan donnait l’espoir de nouvelles évolutions dans la région, cependant les partis islamiques en Asie Centrale sont soit semblables au Mouvement Islamique Tadjik qui ne cherchent absolument pas à changer les régimes soit au parti Al Tahrir et au Mouvement Islamique en Ouzbékistan qui sont accusés de terrorisme et d’entretenir des liaisons avec Al Qeida et les groupes extrémistes wahhabites. Dans le même temps, en ce qui concerne les problèmes des partis islamiques en Asie Centrale, il faut souligner que certains de ces mouvements dépendent des soufis, connus sous le nom des « Ichanha », qui ne sont pas pour les changements de velours, ni pour les protestations de rue.
IQNA : A votre avis, les protestations publiques en Asie Centrale peuvent-elles mobiliser les gens dans les pays comme le Kazakhstan, dans le cadre d’un mouvement islamique anti-gouvernemental ?
HB : Le mécontentement existe mais il est dépourvu de nature islamique. Les dissidents sont en général pro-occidentaux. Dans un pays comme le Turkménistan seul 1.6% de la population a accès à Internet. Au Kazakhstan, Noursultan Nazarbaïev a instauré un gouvernement dépendant de la production et de la hausse des prix du brut. Alors que la presse bénéficie d’une relative liberté, Nazarbaïev empêche l’organisation des élections libres.
Vu l’accès faible de la population en Asie Centrale aux informations, on ne peut s’attendre, dans cette région, à un grand changement comme « éveil islamique » au Moyen Orient.
IQNA : Les revendications populaires dans les pays comme le Kazakhstan, sont-elles de nature matérielle ou démocratique ?
HB : En Asie Centrale, ces deux choses ne peuvent se dissocier.
IQNA : Vous avez fait allusion au Kirghizistan. Les revendications populaires au Kazakhstan peuvent-elles avoir un sort identique à celui du Kirghizistan ?
HB : Ce n’est pas improbable. Au Kazakhstan, les citoyens d’origine russe travaillent avec la Russie et les Kazakhs avec l’Occident. Toutes les deux parties s’accordent sur Nazarbaïev. C’est pourquoi le processus des changements ne sera guère rapide dans le plus grand pays de l’Asie Centrale.
IQNA : Une croissance économique basse et la circulation des informations contrôlées sont les traits caractéristiques des pays de l’Asie Centrale. Pourquoi cette région ne se dirige pas vers des protestations paralysantes basées sur l’idée de l’éveil islamique ?
HB : Les conditions ne sont pas encore réunies. Pour obtenir de grandes évolutions dans la société soit il faut l’intervention des forces étrangères dont la Russie et les Etats-Unis, soit les organisations indépendantes doivent bénéficier du mécontentement public pour exciter le public et le faire descendre dans les rues, ce qui ne se voit pas en général dans les pays de l’Asie Centrale et en particulier au Kazakhstan.
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