Dans la grande esplanade de la mosquée, au moment de la signature du document, les youyous des femmes étaient mêlés aux cris «Allahou Akbar» d’un groupe de salafistes qui agitaient des drapeaux blancs et noirs. «C’est un jour de délivrance », lance allègrement une femme présente à la cérémonie.
De légères échauffourées ont eu lieu entre, d’une part, des salafistes qui se sont érigés en organisateurs de l’événement et, d’autres part, des citoyens empêchés d’accéder à l’intérieur de la Grande mosquée, ainsi que des représentants de la presse. Ces derniers ont trouvé beaucoup de difficultés à prendre des témoignages. « Nous vivons des moments historiques de sérénité pour nous tous, laïcs, athées, non musulmans, islamistes…. La Zitouna est un facteur de modération, de consensus et d’unité nationale.
«Elle rayonnera à nouveau sur toute l’Afrique comme dans le passé», a déclaré avec beaucoup d’émotion, Moncef Ben Salem, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique.
Cet événement «majeur» n’est pas sans avoir d’impact politique, culturel, social et éducatif dans le pays, a relevé Abdellatif Abid, ministre de l’Éducation.
Pour sa part, Noureddine Khademi, ministre des Affaires Religieuses, a tenu à préciser que la mission de la Zitouna est scientifique, éducative et culturelle. « L’établissement a pour objectif de consolider les fondements de notre identité arabo-musulmane, en conciliant entre modernité et authenticité ».
L’enseignement dans cet établissement, a-t-il précisé, n’ambitionne pas d’être une alternative à l’éducation civile, mais cherche plutôt à la compléter. « C’est un jour de fête et non de vengeance, un jour marquant la réconciliation du tunisien avec son histoire.
«Un jour d’unité nationale », a indiqué Rached Ghannouchi, président du Mouvement Ennahdha, qui était présent à la cérémonie.
Source: tunisienumerique