Dans la préface écrite par Dr Abdulaziz Othman Altwaijri, il est dit en substance : « A mesure que s’aggrave le phénomène d’excommunication et s’exacerbent les dissensions confessionnelles dans le monde islamique, il devient de plus en plus pressant d’approfondir le rapprochement entre les musulmans et leurs madhahib, renforcer les liens de solidarité entre les membres de la Oumma et établir les bases de l’unité islamique à travers ses dimensions religieuses, morales et culturelles. Ainsi, la Oumma sera en mesure de faire face aux multiples défis auxquelles elle est confrontée et surmonter les difficultés qui l’empêchent d’acquérir force, capacité et immunité pour plus de stabilité, de progrès et de prospérité dans tous les domaines ».
Et d’ajouter que : « Les dangers des dissensions et des luttes confessionnelles se sont aggravés dans plusieurs régions du monde islamique à cause du fanatisme doctrinaire, des crispations confessionnelles et de l’ignorance qui rend aveugle et mène vers la faillite. A mesure qu’augmentent l’insécurité et l’instabilité dans certains pays islamiques, augmentent les tensions confessionnelles qui minent les relations entre les individus et les communautés, mettent en danger la nation et la rendent vulnérable aux facteurs négatifs internes et externes qui paralysent la dynamique de la société, entravent son élan vers une vie meilleure et portent un réel préjudice à l’individu, à la société, à l’Etat, voire à l’ensemble de la Oumma».
Par ailleurs, il a indiqué qu’« on entend d’abord par rapprochement, le rapprochement entre les adeptes des Madhahib et non pas entre les Madhahib eux-mêmes. Car il ne s’agit guère de rapprocher ceux-ci pour qu’ils soient en tous points similaires en termes de foi, de règles, de concepts et de comportements. Il s’agit plutôt de rapprocher les adeptes, c’est-à-dire l’ensemble des musulmans, de manière à éviter les luttes intestines et les querelles qui peuvent aboutir à des excommunications mutuelles. Il s’agit également de reconnaître le droit à la différence en préconisant le respect mutuel entre l’ensemble des musulmans quels qu’en soient les doctrines, les ethnies et les langues. Dieu Tout-Puissant dit dans le Saint Coran : « les croyants sont des frères ». La fraternité de foi est au dessus de tout, elle est une source de force pour l’ensemble de la Oumma islamique entière ».
Et d’ajouter dans cette préface que : « Ce mode de rapprochement réaliste, pratique et applicable est celui auquel nous faisons référence lorsque nous parlons de rapprochement des madhahib dont la forme contemporaine remonte aux années quarante du siècle dernier. La notion de rapprochement s’est développée davantage pour devenir l’une des constantes de l’action islamique commune. Tant et si bien que le 10ème Sommet islamique qui s’est tenue en 2003 en Malaisie a adopté une Stratégie élaboré par l’Organisation islamique pour l’Éducation, les Sciences et la culture (ISESCO) sous le titre : Stratégie de rapprochement des Madhahib islamiques dans le cadre de laquelle fut créé, dans le cadre de l’ISESCO, le Conseil consultatif supérieur pour le rapprochement, chargé du suivi des mécanismes de mise ne œuvre de cette stratégie ».
Et de poursuivre en ces termes : « Cette année on fête le 65ème anniversaire de la création, au Caire en 1947, de Dar Al-Taqrib bayna al-madhâhib al-islâmiya au Caire en 1974. Cette année, on fête également le 9ème anniversaire de l’adoption de la Stratégie de rapprochement des madhhaib islamiques par le 10ème Sommet islamique. Ce sont là deux occasions pour amorcer une autocritique, évaluer l’action islamique commune dans ce domaine vitale et considérer la situation générale dans la majorité des pays islamiques qui se caractérisent par l’ampleur des luttes confessionnelles. Cela prouve que les objectifs escomptés de ce rapprochement ne sont pas entièrement atteints. C’est ce qui nous accule, nous défenseurs et acteurs du rapprochement, à procéder à cette autocritique en étant sincères avec nous-mêmes, en considérant le présent du monde islamique, en l’analysant en profondeur et en privilégiant la raison sur l’émotion. A cet effet, force est d’appréhender l’avenir du monde islamique dans la perspective de l’unité en œuvrant fidèlement pour vaincre les obstacles qui entravent notre renaissance et relever les défis dans un esprit de fraternité et de solidarité, loin de toutes les formes de fanatisme, d’extrémisme et d’intolérance car l’islam est une religion qui prône la modération ».
Par ailleurs, Dr Altwaijri a ajouté qu’« Il est donc temps que nous effectuons une transition qualitative dans le domaine du rapprochement entre les Madhahib islamiques en refusant toute position fanatique qui jette l'anathème sur les Gens de la Qibla et catégorise les musulmans selon une vision doctrinale étriquée. Nous devons éliminer, à cette fin, les expressions agressives, d'avilissement et d'atteinte aux symboles de la Oumma et de leurs saints prédécesseurs qui parsèment nos programmes scolaires, nos discours religieux, nos chaines satellitaires et nos portails électroniques, et tout particulièrement ceux qui relèvent des autorités et chefs religieux de renom. Notre action doit être coordonnée par amour pour Allah, sans exagération dévotionnelle ou prétention, laissant à Dieu le soin de rendre Sa justice et Sa miséricorde à l'égard d'un passé lointain. Nous devons dépasser les dissensions d'antan et cesser de déterrer des événements qui raniment les rancœurs et étendent les divergences dans le temps ».
A cet égard, il a précisé que : « Telle est la voie que nous devons suivre pour nous assurer la satisfaction d'Allah, l'unité de notre Oumma et la cohésion de ses composantes doctrinales, dans le cadre d'une Oumma une et indivisible. Ne dit-Il pas dans Son Saint Livre : [Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes, vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez en Dieu] et [L'écume disparaît subitement et ce qui est utile aux hommes reste sur la terre] ».
A noter que Dr Abdulaziz Othman Altwaijri avait présenté cette étude analytique devant la 25ème Conférence internationale sur l’unité islamique qui a eu lieu à Téhéran en février 2012 par l’Académie mondiale de rapprochement des Madhahib islamiques.
Source: ISESCO