Dans une interview accordée à l'Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), ''Narjes Ben Abada'', militante au sein d’une association pro-palestinienne (Collectif Chalon Palestine) et Adhérente et militante au Parti Anti Sioniste, a déclaré: « La principale raison est évidemment de nature confessionnelle et raciste, puisqu'il s'agit de la persécution de la communauté musulmane toute entière. C'est donc l'Islam à que l'on s'attaque et que l'on déclare la guerre. Les polythéistes bouddhistes ne tolèrent pas la foi en un monothéisme pur au sein de leur pays et veulent par conséquent l'éradiquer avant que celle-ci ne se propage et détruise leur identité birmane dont le bouddhisme fait partie intégrante. »
« Depuis quelques semaines, le monde entier assiste avec inertie au massacre par milliers de la minorité musulmane, les Rohingyas, en Birmanie par des extrémistes bouddhistes, et ce avec la complicité des autorités locales et des forces de sécurité. Un véritable génocide est en train de se produire à l'encontre de la population musulmane qui compte près d'un million de personnes, et qui continue d'être menacée d'éradication pour des raisons avant tout ethniques et confessionnelles.
Ces atroces persécutions ne datent malheureusement pas seulement d'aujourd'hui, leurs commencements remontent à l'indépendance de la Birmanie en 1948. On reproche à cette minorité d'avoir aidé l'armée britannique lors de la conquête du pays au XIXème siècle. Donc, perçus comme des traitres, voire même plus que cela, comme des terroristes, des envahisseurs, des immigrés illégaux par la majorité bouddhiste, le pouvoir en place ne leur reconnaît aucun droit. Ils sont considérés comme des étrangers dans leur propre pays, alors leurs ancêtres ont y installés depuis de nombreux siècles. Ils ne jouissent donc pas de la nationalité birmane et de l'ensemble de leurs libertés fondamentales, tels que le droit de se déplacer, le droit à l'éducation, l'accès à la propriété, le mariage, l'enfantement, tous cela leurs est interdit. Beaucoup de ces apatrides ont dû fuir vers les pays voisins, notamment le Bangladesh, qui malheureusement les rejette également.
Le moindre petit événement ou rumeur suffit à mettre le feu aux poudres et à raviver les tensions interconfessionnelles. Le dernier évènement ou plutôt «prétendu évènement» ayant enflammé de nouveau les hostilités serait le viol et meurtre d'une jeune femme de confession bouddhiste par une un groupe de musulmans », a-t-elle déclaré.
Et d’ajouter : « Selon certaines sources, cette effroyable persécution provoquée, à première vue, en raison de profondes et violentes aversions ethniques et religieuses, cacherait des causes d'ordre politique. Elle serait orchestrée par le régime en place dans l'objectif de nuire l'opposition, à représentée par la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, en la poussant à faire des déclarations impopulaires par un appel au calme et l'expression de signes de compassion envers cette minorité envers qui la majorité bouddhiste éprouve une énorme animosité.
Malgré que cette minorité musulmane soit considérée par l'ONU comme une des minorités les plus persécutée du monde, un silence de plomb continue de planer sur la question birmane. Pourquoi ? Parce que tout simplement d'une part, comme pour le cas du Bahreïn, les intérêts risquent d'être menacés. Dans ce cas précis, il s'agit particulièrement intérêts d’économiques, la Birmanie dont les sous-sols regorgent de richesses minières, est liée, pour l'exploitation de ces ressources, à plusieurs firmes occidentales. Pour cette raison, il s'avère hors de question de se fâcher avec les autorités en place que l'on aurait d'ailleurs aidé à accéder au pouvoir.
D'autre part, ce silence des pays occidentaux permet de mettre en lumière leur réelle hypocrisie quand à la question des droits de l'homme et des libertés à travers le monde, dont ils se prétendent les principaux défenseurs, comme l'a d'ailleurs clairement affirmé l'honorable Guide suprême de la RII à travers son récent discours à l'occasion du début du mois de Ramadan en déclarant que «la manipulation évidente des affirmations fausses de l'occident sur l'éthique et les droits de l'homme demeure son silence sur le meurtre de milliers de musulmans au Myanmar».
En effet, l'inaction de ces pays face à cet affreux génocide dévoile ainsi au grand jour leur politique de deux poids deux mesures quand à la pratique de leurs prétendus slogans humanitaires, et qu'en fin de compte ces derniers ne sont que de purs instruments utilisés dans le sens de leurs propres intérêts pour mener à bien leurs projets hégémoniques. Donc, puisque cette tragédie ne leur nuit en aucun cas ou ne peut être instrumentalisée dans le sens de leurs intérêts, comme ce fut le cas en Lybie et actuellement en Syrie, mais bien au contraire, celle-ci semble faire partie des effets escomptés par leur propagande islamophobe et guerre ouverte contre l'Islam, il s'avère préférable pour ces puissances arrogantes de fermer les yeux, comme si de rien n'était. »
Selon Ben Abada « le premier et seul pays à avoir réagit officiellement et ouvertement à cette situation dramatique est la République Islamique d'Iran, par l'intermédiaire du porte-parole du ministre des affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, qui a dénoncé fermement le génocide des musulmans en cours en Birmanie et a appelé à l'intervention immédiate du gouvernement Birman, des institutions internationales et de l'Organisation de Coopération Islamique (OCI) pour faire cesser ce crime. Il a également demandé qu'une enquête soit ouverte sur ces massacres tout en déplorant le silence de la communauté internationale. La RII a réagit également à travers le président du Parlement, Ali Larijani, qui a exhorté le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon d'envoyer une force de paix au Myanmar afin d'éviter la poursuite de ces massacres, qui également à travers ses propos a mis en évidence l'hypocrisie des pays occidentaux qu'il a qualifié de «puissances de l'humiliation».
Quant aux autres pays arabo-musulmans, leur mutisme et léthargie face à cette barbarie est d'autant plus sidérante et honteuse dans la mesure où cela concerne leur coreligionnaire. Cette indifférence nous montre combien la communauté musulmane est divisée et seulement préoccupée par ses propres affaires et problèmes intérieurs, ou bien à servir les intérêts des puissances américano-sionistes dans la région au détriment de leurs frères et sœurs en foi. En fermant ainsi les yeux sur ce massacre, ils se rendent indirectement complices de ces évènements, car quelque soit l'état de leurs affaires intérieurs, ceci ne peut en aucun cas justifier leur silence de marbre et leur passivité. Ils leurs incombent de réagir pour venir en aide aux vrais opprimés de ce monde, et non pas ceux que l'on aurait choisi faussement d'opprimés pour satisfaire des objectifs géostratégiques allant à l'encontre des intérêts de l'oumma islamique. »
Ben Abada a souligné : « On assiste depuis une trentaine d'année à travers le monde tout entier à la propagation de l'islam ainsi que de ses partisans, et ce, grâce au grand mouvement d'éveil islamique entrepris et mené par l'imam Khomeini (que Dieu lui fasse miséricorde) avec la révolution islamique d'Iran, et qui avec les récents soulèvements populaires dans la région n'a fait que prendre encore davantage d'ampleur. Cette situation inquiète fortement les adeptes des autres religions, qui voient leurs adeptes diminuer pour embrasser l'islam, et plus particulièrement les tenants du sionisme mondial, qui voient à travers ces événements une menace pour leur grand projet d'imposture messianique.
Tant que l'unité ne sera pas rétablie au sein de la communauté musulmane, tant que les pays arabes continueront à faire le jeu des ennemis de l'islam qui ont compris depuis très longtemps que la seule manière de les dominer était de semer le chaos et les dissensions parmi eux, les musulmans resteront humiliés face aux autres communautés.
Les puissances impérialistes étant en effet conscientes de la force de l'islam et de ses effets, contraires à ses intérêts car idéologiquement opposés à ses principes libéraux et déviationnistes, tentent par des méthodes subversives d'affaiblir et de détruire les fondements de la communauté islamique et de sa religion. D'où l'importance pour eux de mener d'une part, toutes ces campagnes de diabolisation contre l'islam et les pays musulmans, puis d'autre part, de soutenir la montée des mouvements takfiristes dans la région. »
« Ainsi, la persécution des musulmans dans les quatre coins du monde s'explique par la volonté de l'oligarchie mondialiste d'abattre la principale force de résistance, face à son grand plan diabolique d'instauration d'un nouvel ordre mondial. Une force incarnée aujourd'hui essentiellement par l'islam et les musulmans partisans de cette résistance. On comprend ainsi mieux pourquoi, entre autres, le régime de Damas est actuellement attaqué et l'Iran en permanence menacé.
Les pays musulmans doivent s'unir sous un même drapeau, pour jouir d'une plus grande influence, qui leur permettra ainsi de faire pression sur les instances internationales, notamment le conseil de sécurité de l'ONU, afin qu'il puisse faire cesser ces actes terroristes contre la minorité musulmane. Pour ce faire, la communauté islamique ne doit pas se contenter de condamner verbalement, elle doit également agir et prendre des mesures concrètes pour éviter que ce genre de barbarie ne se reproduise.
Le monde islamique ne pourra recouvrer sa pleine dignité et atteindre son véritable salut qu'en se libérant réellement du joug de l'arrogance mondiale, qui est à l'origine de son humiliation. Puis, en rétablissant l'unité en son sein pour parvenir à fonder, comme 'al récemment déclaré Sayyed Ali Khamenei, "une civilisation basée sur les révélations divines, la spiritualité et l'éthique". Selon ses propos, "la dignité, la prospérité, le progrès matérialiste, la spiritualité, la bonne moralité et la conquête et défaite des ennemis, tout cela est possible en pratiquant les enseignements coraniques" », a-t-elle précisé.
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