Je condamne cette vidéo (...) insupportable, blessante (...) Mais elle ne peut pas justifier les violences (...) Je condamne fermement l'attaque de l'ambassade allemande à Khartoum, a-t-il dit, s'exprimant en allemand, puis plus brièvement en anglais, au cours d'une conférence de presse.
M. Westerwelle a téléphoné à son homologue soudanais, Ali Karti, qui lui a assuré que son gouvernement allait tout faire pour assurer la sécurité de l'ambassade d'Allemagne à Khartoum, comme l'a exigé le ministre allemand, selon un communiqué de son ministère.
Pendant la conférence de presse, M. Westerwelle, qui venait de téléphoner à l'ambassadeur allemand à Khartoum, s'est félicité qu'il n'y ait pas eu de victime au cours de l'attaque contre l'ambassade, répétant que le personnel est en sécurité.
Le ministère des Affaires étrangères avait convoqué dans la matinée à Berlin l'ambassadeur du Soudan pour lui rappeler l'obligation de son gouvernement de protéger les institutions diplomatiques.
M. Westerwelle a précisé, lors de la conférence de presse, qu'aucun autre ambassadeur que celui du Soudan n'avait été convoqué à Berlin.
Questionné sur l'opportunité d'évacuer les ressortissants allemands du Soudan ou d'autres pays musulmans, M. Westerwelle a dit que son ministère était convaincu qu'il était important d'être sur ses gardes et qu'il ne fallait pas se mettre inutilementen danger.
Mais, a-t-il ajouté, pour le moment il n'y a pas d'indication pour changer les mesures pour l'ensemble du monde musulman.
Son ministère avait annoncé dans la matinée avoir renforcé les mesures de sécurité autour de ses ambassades dans les pays musulmans.
Interrogé sur le fait de savoir si l'ambassadeur allemand au Soudan allait quitter ce pays et si l'ambassade d'Allemagne y allait rester fermée, M. Westerwelle a dit: il n'y a pas de raison de spéculer aujourd'hui.
Le vendredi, en règle générale, les ambassades dans les pays musulmans sont fermées. C'est le jour de congé dans le monde musulman. Nous allons voir, après évaluation de la situation, quand le travail va pouvoir reprendre, a-t-il déclaré.
M. Westerwelle a ajouté que ces violences n'étaient pas le fait d'une majorité de personnes dans le monde musulman. Il s'agit d'une minorité, a-t-il dit.
Dans un entretien diffusé vendredi soir par la télévision allemande ARD, le ministre a appelé chacun en Allemagne à se comporter avec respect pour toute autre personne d'une autre confession. Il faut protéger la pluralité des confesssions en Allemagne, la respecter, a-t-il dit, soulignant que des outrages contre d'autres confessions que la sienne étaient passibles de poursuites dans ce pays.
Il réagissait indirectement aux déclarations d'un collaborateur de la fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung, Florian Dähne, interviewé à Khartoum par l'ARD, qui a affirmé que la plus haute autorité religieuse soudanaise avait constaté un manque de respect en Allemagne envers les musulmans.
Selon M. Dähne, l'Allemagne était aussi visée après que des militants d'un groupuscule d'extrême droite euent déployé fin août une caricature de Mahomet devant une mosquée de Berlin. Le tribunal administratif de Berlin avait rejeté une demande en référé d'une association de trois mosquées qui voulaient empêcher le groupe d'extrême droite baptisé Pro Deutschland de montrer des caricatures du prophète Mahomet.
Source: Romandie