Vingt-neuf musulmans, dont la plupart avaient participé à des manifestations confessionnelles en Ethiopie, ont été inculpés hier à Addis-Abeba de préparation d'actes «terroristes», selon l'acte d'accusation. Les 29 personnes, parmi lesquelles figurent neuf importants chefs musulmans, sont accusées d'avoir «fomenté, préparé et poussé à des tentatives d'actes terroristes».
Elles avaient été interpellées en juillet dans la foulée de manifestations réclamant, comme chaque semaine depuis janvier, la fin de l'ingérence du gouvernement éthiopien dans les affaires religieuses musulmanes. Une telle ingérence est interdite par la Constitution. Les manifestants accusent le gouvernement d'imposer dans les écoles et les mosquées des professeurs et des imams d'obédience al-Ahbache, un mouvement fondé dans les années 1950 au Liban par un mufti né en Ethiopie.
Sunnite, se réclamant du soufisme et engagé dans la vie politique libanaise, le groupe al-Ahbache a essaimé au Proche-Orient, en Europe et aux Etats-Unis. Adversaire déclaré du wahhabisme et des groupes salafistes, refusant d'appeler au jihad, il est taxé de «secte hérétique» par ses nombreux détracteurs.
Hier, des dizaines de proches des accusés se sont vu refuser l'entrée de la salle d'audience, remplie de policiers. En octobre, le nouveau Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, a assuré que le gouvernement respectait la liberté religieuse. Mais il a aussi affirmé que le gouvernement lutterait contre l'extrémisme religieux. L'Ethiopie est à majorité chrétienne. Selon Addis-Abeba, 34% de ses 83 millions d'habitants sont musulmans.
Source: lexpressiondz