Le droit à l’éducation bafoué dans les prisons israéliennes

12:44 - January 06, 2013
Code de l'info: 2475832
Qods(IQNA)- La haute cour de justice israé­lienne a rendu mardi 25 décembre sa décision de priver les pri­son­niers pales­ti­niens de leur droit aux études universitaires. Lors de l’audience devant le tri­bunal hier, le juge israélien Asher Gronis a sou­ligné « le droit des pri­son­niers à recevoir une éducation aca­dé­mique n’est pas garanti par la loi, par consé­quent priver les prison­niers pales­ti­niens de ce droit ne constitue pas une dis­cri­mi­nation illégale ».
La haute cour de justice israé­lienne a rendu mardi 25 décembre sa décision de priver les pri­son­niers pales­ti­niens de leur droit aux études universitaires.
Lors de l’audience devant le tri­bunal hier et en réponse à l’appel qui avait été déposé par les détenus, le pré­sident de la haute cour de Justice, le juge israélien Asher Gronis a sou­ligné « le droit des pri­son­niers à recevoir une éducation aca­dé­mique n’est pas garanti par la loi, en par­ti­culier dans le système judi­ciaire consti­tu­tionnel, par consé­quent priver les pri­son­niers pales­ti­niens de ce droit ne constitue pas une dis­cri­mi­nation illégale ».
Le plus grave est que cette décision est ini­tia­lement une décision poli­tique prise au plus haut niveau de la pyramide poli­tique israé­lienne afin de se venger contre les pri­son­niers, en réponse à la détention du soldat "Shalit" par les fac­tions dans la bande de Gaza.
Ce n’est pas la pre­mière fois que le système judi­ciaire israélien adopte les déci­sions poli­tiques et légitime de nom­breuses vio­la­tions contre les pri­son­niers, ce qui reflète le mépris du régime israélien avec ses dif­fé­rentes com­po­santes, des règles du droit des pri­son­niers et leur par­ti­ci­pation dans le déni.
Le 18 mars 2009, en réponse à l’échec des négo­cia­tions concernant l’échange de pri­son­niers, le gou­ver­nement israélien dirigé par "Ehud Olmert" a procédé à la for­mation d’un comité minis­tériel présidé par le ministre de la Justice de l’époque, "Daniel Friedman" et épaulé par le conseiller juri­dique du gouvernement.
Leur mission était d’étudier les condi­tions de détention des pri­son­niers pales­ti­niens, de faire une évaluation à condition égale aux condi­tions de détention du soldat "Shalit" et de recon­si­dérer les "pri­vi­lèges" qui leur ont été accordés, d’après eux.
Cette com­mission a émis un ensemble de recom­man­da­tions et de réso­lu­tions qui visaient à sévir par tous les moyens contre les pri­son­niers pales­ti­niens, parmi ces recom­man­da­tions, la pri­vation de ces der­niers de leur droit aux études universitaires.
En effet, l’administration péni­ten­tiaire a com­mencé à appliquer ces mesures contre les nou­veaux détenus dans un premier temps puis mis des obs­tacles face aux étudiants ins­crits pré­cé­demment. Elle a interdit l’entrée de la majorité des journaux, des maga­zines, et a confisqué la plupart des livres ainsi que les chaînes de télé­vision satellite.
Au mois de Juin de l’année der­nière et deux jours avant le cin­quième anni­ver­saire de la détention du soldat " Shalit" , le Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu a mené une attaque brutale contre les pri­son­niers pales­ti­niens, affirmant qu’ils vivent une fête lors d’une de ces décla­ra­tions célèbres quand il a dit : « La fête est ter­minée, nous allons durcir les condi­tions de détention des tueurs dans les prisons, à compter d’aujourd’hui il ne sera plus permis aux pri­son­niers de recevoir un master de tuer ou un Doc­torat de ter­ro­risme" . Le but déclaré était d’arrêter toutes formes d’éducation pour les détenus pales­ti­niens dans les prisons israéliennes.
Ces décla­ra­tions étaient perçues comme une ven­geance et une punition col­lective visant à faire pression sur les fac­tions qui détiennent le soldat "Shalit" et en même temps consi­dérées comme un ordre soumis à exé­cution immé­diate et un feu vert à toutes les sanc­tions et les exac­tions à l’encontre des pri­son­niers. Tous les examens sco­laires prévus ont été annulés sur le champ et tous les livres et les acces­soires ont été saisis et empêchés d’entrer.
Bien que la question du soldat "Shalit" soit ter­minée et qu’il est retourné à son domicile et à sa famille, et que toutes les mesures puni­tives prises après sa capture, y compris la loi "Shalit", étaient censées cesser, les actions puni­tives se sont mul­ti­pliées, et les vio­la­tions se sont pour­suivies et inten­si­fiées. La décision de la haute Cour de Justice de priver les pri­son­niers de leur droit à l’éducation s’inscrit dans le contexte des vio­la­tions nom­breuses et continues de leurs droits, qui ne cessent d’augmenter et de manière signi­fi­cative depuis.
A rap­peler que le droit à l’éducation est l’un des droits de l’homme, parfois qua­lifié de « deuxième géné­ration ». Ce droit a été consacré dans la Décla­ration uni­ver­selle des droits de l’homme de 1948 (article 26), le Pacte inter­na­tional relatif aux droits écono­miques, sociaux et culturels de 1966 (articles 2, 13 et 141).
Dans les prisons israé­liennes, ce droit a été arraché après bien des souf­frances et de sang versé par le mou­vement des pri­son­niers pales­ti­niens suite à la grève de la faim générale de 1992 suivie dans toutes les prisons israé­liennes et qui a duré 19 jours.
Source: france-palestine
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