Israël évacue les Palestiniens installés sur un projet de colonie

15:59 - January 14, 2013
Code de l'info: 2479868
Qods(IQNA)- Des poli­ciers israé­liens ont évacué le dimanche 13 janvier un cam­pement de mili­tants pales­ti­niens ins­tallés depuis deux jours sur le site d’un projet de colo­ni­sation juive contro­versé en Cis­jor­danie occupée.
Les acti­vistes pales­ti­niens avaient dressé un camp de tentes dans le cadre d’une stra­tégie "créative" de résis­tance non violente.
Des cen­taines de poli­ciers israé­liens ont évacué tôt dans la matinée de dimanche 13 janvier un cam­pement de mili­tants pales­ti­niens ins­tallés depuis deux jours sur le site d’un projet de colo­ni­sation juive contro­versé en Cis­jor­danie occupée.
"Les forces israé­liennes sont entrées dans le camp", dressé ven­dredi matin sur le site du projet E1, entre la Cis­jor­danie et Jérusalem-​​Est occupées, a confirmé une des orga­ni­sa­trices de cette mani­fes­tation, Abir Copty.
Environ 500 poli­ciers et gardes-​​frontière, accom­pagnés de bull­dozers, ont par­ticipé à l’opération qui a débuté vers 2h30, a précisé la police.
Selon Moustafa Bar­ghouti, membre du Conseil légis­latif pales­tinien, présent sur place, "des cen­taines de poli­ciers israé­liens sont arrivés de toutes les direc­tions, encer­clant tous ceux qui étaient dans les tentes, et les arrêtant un par un". "Escortés" hors du site
Le porte-​​parole de la police israé­lienne, Micky Rosenfeld, a tou­tefois affirmé que les pro­tes­ta­taires pales­ti­niens avait été "escortés" hors du site mais pas mis aux arrêts. L’évacuation n’a fait aucun blessé, a dit Micky Rosenfeld.
Plus de 200 Pales­ti­niens assiégés refu­saient d’obtempérer à un ordre israélien de quitter leur cam­pement en dépit des menaces d’expulsion.
Samedi soir, à la fin du repos heb­do­ma­daire juif, le Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu, en pleine cam­pagne élec­torale, avait ordonné aux forces de sécurité d’expulser immé­dia­tement les Pales­ti­niens qui sont ras­semblés entre (la colonie de) Maalé Adoumim et Jérusalem".
Ben­jamin Neta­nyahu avait requis la fer­meture de toutes les routes d’accès au site du cam­pement composé d’une ving­taine de tentes et ins­tallé dans la zone ultra-​​sensible E1, où le gou­ver­nement israélien a récemment relancé un important projet de colonie. La région avait été décrétée "zone mili­taire interdite". Résis­tance non violente
Les acti­vistes pales­ti­niens avaient dressé ce camp de tentes, baptisé "Bab al-​​Chams" (La porte du soleil), dans le cadre d’une stra­tégie "créative" de résis­tance non vio­lente aux implan­ta­tions et à l’occupation israé­liennes. Il se voulait une réplique pales­ti­nienne des colonies sau­vages israéliennes.
Ven­dredi, la police israé­lienne avait dis­tribué des ordres d’expulsion aux mili­tants, déclarant le secteur "zone mili­taire interdite". Mais les Pales­ti­niens ont obtenu, par l’intermédiaire de leur avocat, une injonction de la Cour suprême israé­lienne gelant l’ordre.
Tout au long de la journée de samedi, dans une atmo­sphère bon enfant, les mili­tants ten­taient de se réchauffer en buvant du thé et du café. Ils bran­dis­saient des dra­peaux pales­ti­niens et scan­daient des slogans comme "La Palestine est libre" ou "A bas l’occupation". "Bâtir et vivre sur notre terre"
"Israël défie le droit inter­na­tional depuis des décennies en érigeant des colonies illé­gales sur des terres volées et en rasant des maisons pales­ti­niennes. Nous avons le droit de bâtir et de vivre sur notre terre", a com­menté Abdallah Abou Rahmah, res­pon­sable du comité de coor­di­nation de lutte popu­laire, à l’origine de l’initiative.
"Nous, les Pales­ti­niens, sommes tou­jours pes­si­mistes mais cette ini­tiative nous donne des raisons d’être opti­mistes", a déclaré Omar Jhassan, 27 ans, venu de Ramallah passer la journée dans le camp. "C’est un nouveau type de résis­tance dif­férent de la résis­tance armée ou des jets de pierres".
Le projet dans la zone E1 relierait l’implantation israé­lienne de Maalé Adoumim à des quar­tiers de colo­ni­sation juive à Jérusalem-​​Est et cou­perait en deux la Cis­jor­danie, com­pro­mettant la via­bilité d’un Etat palestinien.
La com­mu­nauté inter­na­tionale considère illé­gales toutes les colonies israé­liennes et ne reconnaît pas l’annexion en 1967 de Jérusalem-​​Est, où les Pales­ti­niens veulent établir la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.
Source: france-palestine
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