Mme Jribi a fait savoir, au cours d’une séance d’audience tenue vendredi 1 février, par la commission, avec la participation des représentants du Ministère des fiances (qui a élaboré la loi) et des spécialistes dans le domaine des finances islamiques, que les institutions concernées par la finance islamique ne sont pas actuellement prêtes à appliquer ce mode de financement.
Elle a appelé, sur un autre plan, à la nécessité de « fixer le plafond pour les étrangers désireux d’investir dans les sukuks islamiques relatives à des domaines souverains tels que les entreprises chargées de la distribution de l’eau ou de l’électricité.
La Tunisie aspire à mobiliser des ressources financières d’environ 1000 millions de dinars, en 2013, conformément à la loi des finances pour l’exercice en cours, et ce à travers l’investissement dans les sukuks islamiques.
De son côté, Chaker Soltani, directeur général au Ministère des Finances, a évoqué l’évolution des sukuks à l’échelle internationale, précisant que le Ministère des finances a préparé le cadre général de cette Loi « sans entrer dans certains détails ».
D’après lui, la loi a été élaborée en concertation avec des institutions islamiques spécialisées. Le marché des sukuks islamiques a réalisé, entre 2011 et 2012, un taux de croissance d’environ 54% dans le monde à l’heure où les banques classiques, qui ont fait face à des crises financières, ont enregistré un taux annuel de croissance qui ne dépasse pas 30%. Les émissions des sukuks en 2012 sont estimées à 411 milliard de dollars.
Le PDG de Banque Zitouna, Ezzedine Belkhouja, qui représente la plus importante institution de finance islamique en Tunisie, jusqu’à ce jour, a indiqué que « la nouvelle loi doit mentionner, dans son article 5, que les banques peuvent émettre les sukuks islamiques ».
Cet article stipule que les parties autorisées à émettre les « sukuks » sont l’Etat, les institutions et entreprises publiques, les collectivités locales et les entreprises du secteur privé. Il « n’a pas cité, dans ce cadre, les banques d’une manière explicite », a-t-il dit.
D’après M. Belkhouja, la partie qui émet les sukuks ne peut pas assurer, à la fois leur suivi, ce qui nécessite la création d’une société de gestion de ces obligations.
Source: leconomistemaghrebin