Colère des chiites au Pakistan après un attentat qui a fait 81 morts

12:45 - February 18, 2013
Code de l'info: 2498209
Islamabad(IQNA)- Des chiites pakistanais ont menacé dimanche 17 février les autorités de tenir de grandes manifestations si elles n'arrêtaient pas rapidement les auteurs de l'attentat contre cette minorité musulmane.
Des chiites pakistanais ont menacé dimanche 17 février les autorités de tenir de grandes manifestations si elles n'arrêtaient pas rapidement les auteurs de l'attentat contre cette minorité musulmane qui a fait au moins 81 morts dans un bazar à Hazara Town, une ville chiite située dans la banlieue de Quetta, la capitale du Baloutchistan. La bombe cachée dans un camion-citerne actionnée à distance a explosé en fin de journée près d'un édifice de deux étages qui s'est aussitôt effondré, selon les autorités locales.
Le Baloutchistan, province pakistanaise frontalière de l'Iran et de l'Afghanistan est le théâtre de violences intercommunautaires, d'attentats contre les forces de l'ordre et d'une rébellion locale qui souhaite obtenir un meilleur partage des ressources naturelles et une plus grande autonomie. Mais les rebelles baloutches ne s'attaquent jamais à la minorité chiite, contrairement à des groupes armés sunnites comme le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) et le Lashkar-e-Jhangvi (LeJ) qui a d'ailleurs revendiqué auprès de journalistes locaux cette attaque.
L'attentat, qui a fait 81 morts et près de 180 blessés selon un dernier bilan de la police locale, est le deuxième plus meurtrier contre les chiites dans l'histoire du Pakistan, pays majoritairement sunnite en proie à une montée en puissance du fondamentalisme religieux et des violences sectaires.
Ces nouvelles violences interviennent un peu plus d'un mois après une série d'attentats anti-chiites ayant fait plus de 90 morts à Quetta revendiqués par le Lashkar-e-Jhangvi, un groupe fondé au milieu des années 90 qui multiplie les assauts contre la minorité chiite qui constitue environ 20% des 180 millions de Pakistanais.
Après cet attentat anti-chiite le plus meurtrier de l'histoire du pays, les chiites avaient refusé d'enterrer leurs proches, un geste d'une forte puissance symbolique dans le monde musulman, où les défunts doivent être inhumés soit le jour même soit le lendemain au plus tard.
Azidullah Hazara, le président du Parti démocratique Hazara, une petite formation représentant les chiites de l'ethnie hazara, aussi présente en Iran et en Afghanistan, a donné dimanche 17 février un ultimatum de 48 heures aux autorités pour lancer une opération ciblée contre les assaillants sans quoi il allait appeler à une forte mobilisation dans la rue. « Nous avions déjà planifié une cérémonie dimanche en hommage aux martyrs de l'attentat du mois dernier. Après cette cérémonie, nous allons annoncer notre plan d'action », a renchéri Daud Agha, président de la conférence chiite, dans un entretien à l'AFP.
Le premier ministre pakistanais Raja Pervez Ashraf avait appelé les forces de l'ordre à arrêter et traduire en justice les auteurs de ces attaques, mais cette demande a été accueillie avec scepticisme par des chiites qui reprochent au gouvernement son incapacité, voire son manque de volonté, pour contrer le Lashkar-e-Jhangvi. Le chef des opérations de ce mouvement suprémaciste sunnite, Malik Ishaq, avait été relâché en juillet 2011 après 14 ans de prison.
Sayed Qamar Haider Zaidi, un porte-parole de la communauté chiite locale, a aussi accusé le gouvernement de ne pas protéger adéquatement les chiites et annoncé trois jours de deuil. Le drapeau pakistanais était en berne dimanche 17 février et plusieurs marchés fermés à Quetta où de nombreuses personnes trouvaient des lambeaux de chair et des parties de corps humain dans les gravats, selon le témoignage d'un photographe de l'AFP sur place.
Source: fait-religieux
captcha