En Birmanie, les musulmans réclament la protection de l’État

11:35 - March 29, 2013
Code de l'info: 2513713
Naypyidaw(IQNA)- Cibles des violences religieuses qui secouent le pays depuis une semaine, les organisations musulmanes birmanes accusent l’État de passivité face aux émeutiers.
Dans une lettre ouverte adressée au pouvoir en place, les principales organisations musulmanes de Birmanie ont demandé, mardi 26 mars, une protection active des forces de sécurité contre les violences religieuses.
"Les vies et les biens de la communauté de l’islam, les mosquées et écoles religieuses de Birmanie ne sont plus en sécurité et la situation est inquiétante. Ces attaques violentes incluent des incendies volontaires et des massacres qui méritent une punition sévère.", écrivent-elles dans un texte adressé à la présidence, dans le lequel elles accusent les forces de sécurité de "négligence" et de passivité.
Les violences entre bouddhistes et musulmans ont fait 40 morts la semaine dernière à Meiktila, dans le centre du pays. Elles se sont depuis étendues à d’autres communes et si le bilan humain est inchangé, de nombreuses mosquées et habitations ont été détruites et des quartiers soumis au couvre-feu. "Les massacres et dégâts sur les bâtiments religieux et propriétés sont imputables à la faiblesse de la protection et des actions prises par les autorités responsables", reprochent les auteurs de la lettre.
Déjà 180 morts en 2012
Les incidents sont quotidiens depuis quelques jours dans une vaste région au nord de Rangoun. Des dizaines de personnes ont été arrêtées. La Birmanie enchaîne les réformes politiques et économiques depuis le départ de la junte militaire il y a deux ans, mais ces violences constituent un défi de tout premier ordre pour le nouveau régime.
En 2012 déjà, des affrontements entre bouddhistes de la minorité ethnique rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas avaient fait plus de 180 morts et 110 000 déplacés dans l’ouest. Cette fois, les musulmans visés sont des citoyens birmans, venus depuis parfois plus d’un siècle d’Inde, du Bangladesh ou de Chine. Une situation qui inquiète la communauté internationale.
Source: La-Croix
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