L'extrémisme religieux inquiète les Tunisiens

16:01 - April 15, 2013
Code de l'info: 2519114
Tunis(IQNA)- Les Tunisiens se disent inquiets de la montée de l'extrémisme religieux et de la violence qui lui est associée.
Lors du dernier incident en date, des salafistes ont attaqué jeudi 11 avril un commissariat de police à Hergla, dans le gouvernorat de Sousse, pour libérer un détenu, a fait savoir Tunisia Numérique. Un jeune homme de 23 ans a été tué lors des affrontements avec les forces de sécurité.
La veille, des islamistes radicaux de Nabeul avaient tenté d'abattre le principal du lycée Menzel Bouzelfa qui avait refusé l'accès de son établissement à une élève portant le niqab.
Des salafistes ont été vus devant cette école secondaire en train de prononcer "des discours provocateurs envers les partisans de la laïcité", a confirmé l'agence TAP.
Ce n'est pas la première fois que des extrémistes religieux s'en prennent à un établissement scolaire. Selon un sondage publié cette semaine, plus de soixante-dix pour cent des Tunisiens se disent inquiets de la montée de l'extrémisme religieux.
Les jeunes adultes (65,1 pour cent) sont les plus préoccupés par le phénomène, et les femmes le sont plus encore que les hommes, révèle ce sondage réalisé par Al Maghreb/Sigma.
"Le radicalisme devient chaque jour plus grave dans la société tunisienne", a expliqué Wajdi Hamraoui, élève dans un lycée. "Ces gens ne croient ni à la liberté ni au droit à la différence. Ils représentent une réelle menace."
"C'est un danger pour l'Etat, la paix sociale, le tourisme et les investissements", reconnaît Mohsen Dlisi, un enseignant. "Nous sommes soumis à des pressions et à des restrictions constantes parce qu'ils veulent pousser le pays à appliquer la sharia."
En plus d'avoir recours à la violence, certains groupes radicaux tentent de faire passer leurs idées par le biais d'accusations de kufr, ajoute Souad Oueslati, une ménagère.
"Aujourd'hui, nous avons peur d'eux et craignons pour notre avenir", explique-t-elle. "Ils sont présents partout et interviennent dans tout. Ils pourraient commettre des actes encore plus graves si nous n'y mettons pas un terme."
Mona Farhat, étudiante et demandeuse d'emploi, fait également part de ses craintes pour l'avenir de son pays.
"Les groupes radicaux qui font usage de la violence comme moyen d'exclure ceux qui ont des opinions différentes constituent une menace, notamment du fait que le pays est en phase de transition", a-t-elle expliqué à Magharebia.
Selon le professeur Hayet Salem, lutter contre l'extrémisme religieux est le défi le plus important pour les Tunisiens, qui constatent la montée des groupes religieux radicaux, leurs discours extrémistes et leur participation dans de nombreux actes de violence, ajoute-t-elle.
"Toutes ces raisons sont suffisantes pour semer les graines de la peur chez les Tunisiens et les rempir d'inquiétudes pour leur avenir", poursuit-elle.
Mais pour le Président tunisien Moncef Marzouki, "l'extrémisme" est à double sens.
"Il existe deux types d'extrémisme en Tunisie : le religieux et le laïc", avait-il déclaré le mois dernier sur la Deutsche Welle.
Source: Magharebia
captcha