Accusée par trois de ses élèves de 10 ans, Dimyana Obeid Abd Al-Nour aurait fait des commentaires "blasphématoires”, notamment en évoquant la figure d’Akhenaton, le pharaon qui a introduit une forme de monothéisme en Egypte ancienne. Selon certains témoins – des enfants, donc – la professeure aurait aussi comparé Chennouda III à Mohammed, le prophète de l’islam.
Ce type de procès, qui se multiplie en Egypte, fait partie des nombreuses sources de tensions entre musulmans et chrétiens. Surtout depuis l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans l’année dernière, les chrétiens se disent victimes de restrictions religieuses de plus en plus liberticides. En ce qui concerne les procès pour blasphème, ils seraient utilisés d’une façon disproportionnée à l’égard des chrétiens, à en croire une étude faite pour l’organisation Egyptian Initiative for Personal Rights.
Ainsi, sur les 36 procès pour blasphème portés devant les tribunaux en 2012, 41% étaient dirigés contre des chrétiens, alors que ces derniers ne représentent que 10% des Egyptiens. Des observateurs craignent que les accusations contre les chrétiens augmentent encore. La nouvelle constitution égyptienne, élaborée essentiellement par les Frères musulmans l’année dernière, interdit formellement toute critique de l’islam.
Amnesty International a pris la défense de la professeure condamnée Dimyana Obeid Abd Al-Nour dans un communiqué du 10 mai (en français).
Source: lavie