Le parlement polonais a rejeté vendredi 12 juillet un projet de loi présenté par le gouvernement libéral dirigé par le Premier ministre Donald Tusk, qui devait légaliser à nouveau l'abattage rituel, interdit en Pologne depuis le 1er janvier 2013, après un arrêt de la Cour Constitutionnelle sur l'incompatibilité de l'abattage rituel avec la législation sur la protection des animaux.
Le texte a été rejeté par 222 députés, contre 178 voix et 9 abstentions. Environ 38 députés libéraux, du parti de la Plateforme civique (PO), ont voté contre ce projet de leur gouvernement.
Si la plupart des députés se sont élevés contre « ce cautionnement de la barbarie » envers les animaux, les conservateurs ont surtout pointé du doigt les communautés juives et musulmanes. Le chef du parti d'opposition Droit et justice (PiS) Jaroslaw Kaczynski, cité par l'hebdomadaire Wprost, a déclaré que le Premier ministre Donald Tusk tenait à autoriser l'abattage parce que c'était dans l'intérêt d'un « certain petit, mais très influent lobby ».
Une manifestation dénonçant les souffrances des animaux, en Pologne fin juin (photo AFP).« Le résultat du vote d'aujourd'hui à la Diète (...) a été un choc pour nous », ont indiqué le grand rabbin de Pologne Michael Schudrich et le président de l'Union des communautés juives dans ce pays Piotr Kadlcik dans une déclaration. Selon les estimations, les communautés juive et musulmane comptent chacune de 20.000 à 30.000 personnes en Pologne. Selon Piotr Kadlcik, seules quelques centaines de familles respectent le rite casher.
La question de l'abattage rituel est également un enjeu économique de taille pour la Pologne, pays agricole et grand exportateur de viande. Avant l'interdiction, environ 90.000 tonnes de boeuf halal étaient exportées annuellement vers les pays musulmans, surtout en Turquie, et 4.000 tonnes de viande casher vers Israël. La valeur de ces exportations est estimée à 250-350 millions d'euros par an.
Au total, une vingtaine d'abattoirs en Pologne sont spécialisés dans la production de viande halal et casher. Selon les estimations du ministère de l'agriculture, 6.000 emplois sont concernés.
Source: fait-religieux