Les violences à Trappes seraient parties d'un contrôle qui a dégénéré, celui d'une femme intégralement voilée jeudi dernier. Ce n'est pas le premier. D'autres femmes voilées se sont trouvées au cœur de plusieurs incidents ces derniers semaines, soit victimes d'agressions, soit impliquées dans des contrôles policiers ayant provoqué des débordements.
Au cours des trois derniers mois, cinq femmes voilées ont porté plainte pour agressions. Dans leurs récits, elles expliquent avoir été rouées de coups, menacées, parfois traitées de "sale musulmane" ou de "sale arabe".
"C'est très grave", commente Abdallah Zekri, président de l'Observatoire des actes islamophobes du Conseil français du culte musulman (CFCM), interrogé par RTL. "J'ai entendu des gens me dire que si nos filles, nos femmes sont agressées, si l’État n'est pas capable d'assurer leur sécurité, nous on va s'armer, on va assurer leur sécurité", raconte-t-il. "C'est arrivé à ce niveau-là."
Selon ce responsable musulman, ces tensions ont pour origine des amalgames nés de la loi sur le port du voile intégral, entrée en vigueur en 2011. Attention, prévient-il, à ne pas confondre niqab, burka et port du voile autorisé.
"Le voile intégral, il y a une loi mais le reste c'est accepté dans l'espace public", explique Abdallah Zekri. "Il y a un amalgame, un manque de connaissance. Je ne mets pas dans le même sac tous les Français mais il est vrai que pour certains, des femmes qui portent le voile, ça devient des cibles".
Plus tôt dans la semaine, la montée des violences à l'égard des musulmans de France avait déjà été dénoncée par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.
Source: RTL