
Déterminés à gommer la mémoire d’une somptueuse enceinte sacrée musulmane à la portée universelle, pour qu’elle ne soit plus qu’un souvenir évanescent dans l’inconscient collectif, les hommes de foi qui se laissent guider par l’esprit de vengeance se sont attirés les foudres des autorités locales qui ont qualifié de "totalement absurde" leur nouvelle revendication.
Le gouvernement régional ne se résoudra en effet jamais à ce que son joyau touristique, rentré dans le giron public et classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984, devienne la propriété de l’Eglise, et a balayé d’un revers de main ce qu’il considère être une énième provocation irrecevable, décriée comme "fondamentaliste" par le gouverneur de la province en personne.
"Vouloir cacher le passé de cette perle architecturale qu'est la mosquée-cathédrale de Cordoue et changer son appellation connue du monde entier est aussi grotesque que de vouloir nommer le palais de Charles V "Alhambra", c’est totalement absurde !", s’est exclamé, exaspéré, Rafael Rodríguez El País, le ministre du tourisme d’Andalousie, dans un entretien accordé au journal britannique The Guardian.
Gageons que l’Eglise qui n’a, en l’occurrence, pas fait vœu de silence ni de concorde religieuse, n’a pas dit son dernier mot pour faire de la mosquée-cathédrale de Cordoba, cette source d’émerveillement intarissable, convertie en église au xvie siècle après la Reconquista, puis en cathédrale, l’enjeu d’une guerre de religion terriblement archaïque et peu glorieuse.
Oumma