On ignore comment ces quatre jeunes femmes âgées de 16 à 20 ans, mais
dont l'identité est protégée, ont été radicalisées au point de vouloir
se joindre prétendument au groupe armé État islamique. Le lien avec
l'Institut al-Huda n'a encore jamais été établi. Certains Musulmans
dénoncent néanmoins l'enseignement qui est dispensé dans cet
établissement.
Le Conseil canadien des femmes musulmanes ne pense pas
que l'école coranique al-Huda soit néanmoins responsable de leur
embrigadement, même si elle peut paraître selon lui comme un terreau
fertile pour les fondamentalistes.
Sa directrice exécutive, Alia
Hogben, affirme toutefois que « ce qu'on y enseigne est toutefois
contraire à l'islam ». « La polygamie, l'inégalité entre les sexes et la
soumission de l'épouse à son mari ne sont pas des valeurs canadiennes
», rappelle-t-elle.
Mme Hogben s'interroge surtout sur le financement
de cette école par des États du Golfe persique et sur le manque de
contrôle de l'Ontario sur ce qu'on y enseigne. Le ministère de
l'Éducation rétorque que l'Institut al-Huda n'est pas financé par des
fonds publics et qu'il n'a aucune autorité sur les écoles primaires
privées en Ontario.
Réaction et fermeture
Dans un
communiqué, la direction de l'Institut explique que l'établissement
prêche un islam authentique et qu'elle condamne la violence et le
terrorisme. L'Institut al-Huda a été fondé en 2004 par une conférencière
pakistanaise controversée, Farhat Hashmi, qui est déjà venue le visiter
en Ontario il y a trois ans.
Mme Hashmi y dispense toujours des
cours de religion et un code de conduite pour jeunes filles en ourdou
par télé-conférence ou sur Internet. Ses classes sur YouTube la montrent
d'ailleurs en compagnie de fillettes, d'adolescentes et de femmes qui
sont revêtues d'un niqab et d'une abaya.
La direction de l'Institut
dit que l'établissement ne fait face à aucune accusation. Elle n'est en
outre pas convaincue que les quatre jeunes filles en question y étaient
inscrites. Elle ajoute qu'elle a toutefois dû fermer l'école par peur de
représailles contre son personnel et ses élèves après la diffusion du
reportage de la CBC.
L'avocat Hussein Hamdani, qui a siégé à la
défunte Table ronde transculturelle sur la sécurité du gouvernement
Harper, voit d'un bon œil que cet Institut ait approché la GRC pour
qu'elle ouvre une enquête.
Education et sensibilisation
M.
Hamdani dit qu'il ne servirait toutefois à rien de bannir cette école
pour ne pas faire le jeu des islamistes. « Il faut au contraire
s'assurer qu'on y enseigne tous les courants de l'islam par souci
d'équité, de transparence et de tolérance. »
Mme Hogben et M. Hussein
affirment que l'éducation et les programmes de sensibilisation aux
dangers du fondamentalisme religieux sont les seuls moyens de lutter
efficacement contre le radicalisme. Ils rappellent que le Canada est un
pays réputé pour sa tolérance.
Il faut selon eux faire comprendre aux
musulmans, en particulier aux plus jeunes, qu'il n'existe aucune
conspiration occidentale contre leur religion même si l'islam est mis à
mal ces temps-ci par des fanatiques dans le monde qu'ils soient
musulmans ou non.
Le Conseil musulman du Canada et le Conseil des imams du Canada ne nous ont pas rappelés.
ici.radio-canada