Au cours de la
cérémonie d’ouverture, un message du Président de la République,
Abdelaziz Bouteflika, a été lu par le conseiller à la présidence de la
République, Mohamed Ali Boughazi. Dans son message, le Président a exprimé les
vœux de voir ce rendez-vous scientifique offrir une opportunité aux
participants, chouyoukh et érudits de lancer des débats intellectuels, de
présenter des recherches approfondies, puisés du Livre saint, sur les
meilleures voies à atteindre et auxquelles la société aspire. «Je souhaite à
votre rencontre le plus grand succès et que vos débats, recherches et
conclusions soient aussi riches, fondés que fructueux au mieux des intérêts de
votre nation, à laquelle vous êtes appelés — en puisant dans le Coran et la
tradition du Prophète — à offrir une source intarissable où elle pourra
s'abreuver pour mieux appréhender les multiples et complexes questions
auxquelles elle est confrontée », a indiqué le Président Bouteflika dans son
message. Le Chef de l'État
s'est également réjoui de voir réunis, à la faveur de cette « rencontre bénie,
savants, imams, prédicateurs, chouyoukh de zaouïas et enseignants du Coran...
enfants de l'Algérie qui rivalisent dans l'apprentissage et la récitation du
Coran et se concurrencent dans son exégèse ». Placée sous le slogan « Le
travail, une valeur coranique», plusieurs communications portant sur la valeur
du travail seront présentées par des universitaires et des érudits aux travaux
de cette 17e Semaine nationale du saint Coran. Cette manifestation religieuse
de trois jours verra l’organisation d’un concours national de récitation,
psalmodie et interprétation du saint Coran auquel 45 jeunes, dont 13 filles,
prendront part pour décrocher une des trois premières places.
M. Mohamed Aïssa :
« Le référent religieux algérien ultime rempart contre la division »
Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, qui
présidait, hier à Constantine, l’ouverture de la 17e Semaine nationale du
Coran, instituée par le Président de la République, a insisté sur la nécessité
de préserver le référent religieux algérien, «ultime rempart contre les
tentatives de semer la division et la discorde dans les rangs des musulmans». Lors
d’une conférence de presse tenue au complexe Ahmed-Bey, M. Aïssa a
réaffirmé la détermination de l’État à combattre toute forme de radicalisme
religieux : «Il y a une volonté manifeste de nuire à l’image de l’islam et
des musulmans. À ce titre, l’Algérie vient de se doter d’un observatoire
national de lutte contre l’extrémisme religieux. En parallèle, l’État a
consolidé la surveillance des contenus publiés sur internet, ce qui va conférer
une sorte de protection électronique à la pensée nationale. Il faut également
saluer les efforts fournis par les départements de l’Éducation nationale, de
l’Enseignement supérieur et de la Communication afin de soutenir cette lutte.
Grâce à cela, notre pays reste à l’abri des dissensions que connaît la région»
a-t-il, notamment, déclaré, annonçant l’élaboration, à l’horizon 2019, d’une
loi devant clarifier davantage les choses et consacrer pour de bon le référent
religieux national.Le
ministre est, par ailleurs, revenu sur le projet de création d’une instance
officielle chargée de l’émission de fatwas, et ce après l’adoption de la
nouvelle Constitution, et devra constituer, à l’avenir, la véritable référence
en la matière pour les Algériens. Répondant à une question sur la position
officielle par rapport aux tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran, M. Aïssa
a affirmé que «l’Algérie se tient à bonne distance de ces conflits qui ne
la concernent en aucune manière», ajoutant que «l’islam est avant tout un objet
de concorde et non de division». Enfin, l’orateur a tenu à saluer le choix de
Constantine pour l’accueil de cette 17e édition de la Semaine du Coran, et ce
dans le cadre de l’année culturelle arabe, affirmant que «cela va conférer un
supplément d’âme à la manifestation, et ce à travers les grandes figures
religieuses qu’a enfantées la ville, Abdelhamid Benbadis en tête». Il est, à ce
titre, utile de préciser que le ministre, accompagné par la ministre de la
Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mounia
Meslem, a entamé sa visite par un recueillement sur la tombe du fondateur de
l’association d’Oulémas musulmans algériens. Pour
en revenir à la cérémonie d’ouverture, celle-ci a été rehaussée par la présence
du conseiller du Président de la République, Mohamed Ali Boughazi, qui a
procédé à la lecture du message adressé par ce dernier aux participants, et
dans lequel il a salué la pertinence et l’actualité du thème retenu par les
organisateurs cette année, et qui porte sur la place allouée par le saint Coran
au travail, de même qu’il a exhorté les imams des mosquées et des zaouïas à
continuer à œuvrer pour conforter davantage les valeurs de modération et de
solidarité au sein de la population. Pour rappel, la clôture de cette 17e
édition aura lieu demain soir, et verra les lauréats du concours de récitation
coranique récompensés par le ministre.
« L’instance de la
fatwa mise en place en mars prochain »
Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, a déclaré que
l’instance de la fatwa sera mise en place «d’ici mars prochain». «Dans la
conception du département des Affaires religieuses et des Wakfs, le mufti de la
République est une académie, une instance regroupant dans sa composante
des imams, des membres du Haut-Conseil islamique (HCI), et des conseils
scientifiques des wilayas, des exégètes et des spécialistes de différents
domaines», a précisé le ministre au cours d’une conférence de presse tenue en
marge de l’ouverture de la 17e Semaine nationale du saint Coran. Il a souligné,
dans le même contexte, que la diversification de la composante de l'instance de
la fetwa vise «à garantir un examen minutieux des questions soulevées».
M. Aïssa a ajouté que l’instance de la fatwa, actuellement en phase de
parachèvement, sera mise en place après l’adoption du projet de la révision de
la Constitution. À une question relative à la stratégie pour immuniser et
sécuriser intellectuellement la société algérienne contre les «idées
djihadistes» répandues sur les réseaux sociaux, le ministre a précisé qu’un
Observatoire national de lutte contre l’extrémisme religieux sera créé très
prochainement. Il a détaillé que cet organisme réunira plusieurs départements
et instances en mesure d’analyser et de proposer une démarche à suivre pour
préserver la société contre toute forme d’extrémisme. Il a ajouté que le
référent religieux national, inspiré du saint Coran et de la Sunna est «le
rassembleur des Algériens», soulignant que le concept du référent religieux
national sera renforcé par des directives. Évoquant
le message du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, aux
participants à la 17e Semaine nationale du saint Coran, lu par le conseiller à
la présidence de la République, Mohamed Ali Boughazi, le ministre a
souligné qu’il est «une feuille de route et une stratégie de travail»
pour les imams, les chouyoukh des zaouïas et la société pour œuvrer contre
l'extrémisme et privilégier la voie de la modération. Répondant à une question
relative au plan d’action pour la saison du Hadj-2016, M. Aïssa a souligné
qu’une série de mesures a été adoptée pour assurer de meilleures conditions aux
hadjis, précisant que les daïras se chargeront des formalités d’inscription
pour le Hadj et que l’opération du tirage au sort électronique sera suivie par
les personnes inscrites sur internet. Au cours de cette 17e Semaine nationale
du Coran, qui se déroulera jusqu’à demain, des communications seront présentées
par des universitaires venus d’Alger, Laghouat, Batna et de Blida, et un
concours de récitation, psalmodie et d’interprétation du saint Coran sera
organisé avec la participation de 45 candidats dont 13 filles.elmoudjahid