Abdelillah Talbioui, fondateur du site changedecarriere.com nous donne des clés pour comprendre cet engouement grandissant pour le e-business. Il propose sur son site un accompagnement pour passer à l’action et trouver enfin des réponses aux nombreuses questions que l’on se pose lorsque l’on veut changer de métier. Comment éviter les pièges liés à l’entretien d’embauche, comprendre la discrimination et les manières de se reconvertir professionnellement sont les pistes qu’il permet d’explorer sur son site.
Pour lui, «la discrimination des entreprises montre une vraie déconnexion face à la révolution 2.0 qui se joue. Cette nouvelle donne met en avant les talents quels que soient leurs convictions. Il faut que les personnes qui sont poussées malgré elles à se lancer sur Internet ne voient pas cela comme une sanction des entreprises qui leur ferment les portes mais plus comme une vraie opportunité d’émancipation économique qui s’offre à elles puisque cela va dans le sens de la nouvelle économie qui se profile.»
La visibilité à votre serviceCet entrepreneur lance prochainement une formation en ligne «décroche le job de tes rêves» (vous pouvez vous pré-inscrire ici) afin d’aider toutes celles et ceux qui souhaitent passer le cap pour changer d’emploi selon leurs aspirations. Il nous donne son opinion quand aux avantages de la toile. « L’idéal avec internet, c’est que le travail parle de lui-même par la visibilité sur les réseaux sociaux. On peut garder l’anonymat, et ne plus craindre la discrimination ethnique ou religieuse. Le travail bien fait prime. Et tous les secteurs d’activité sont concernés ».
Les profiles les plus attirés par le travail sur internet parmi les femmes musulmanes sont généralement des femmes de «25 à 40 ans dont une grande partie de Mam’preneures comme on les appelle dans le jargon». Ces mères de famille voulant se consacrer à l’éducation de leurs enfants tout en développant leurs compétences ont trouvé dans le e-working la solution pour mener de front vie professionnelle et vie de famille. Nous en avons interviewées trois qui ont chaleureusement accepté de répondre à quelques questions.
Un champ d’actions illimitéInternet a donc détruit des barrières et ouvre la voie des possibles à tous les secteurs d’activité pour laisser s’exprimer tous les talents.
Ces trois femmes entrepreneures sont la démonstration de ce que décrit AbdelIllah Talbioui. « Plus personne n’est cantonné à travailler dans un seul quartier ou un secteur mais on peut travailler avec la planète entière ». Meriem, Ilham et Sabrina sont travailleurs à domicile dans des domaines différents mais un point commun les rassemble : l’épanouissement. Elles se sentent heureuses de pouvoir concilier le respect de leur foi avec un travail qu’elles aiment.
Sabrina, wedding planner de formation, est la fondatrice de Zawajbox, le spécialiste du coffret cadeau musulman. C’est suite à une épreuve qu’elle a eu une prise de conscience qui l’a amené à faire ce choix de mode de travail.
Meriem, quand à elle, en a eu assez de devoir toujours faire passer son travail en structure avant son hijab et ses prières. Elle a fait beaucoup d’invocations et a créé, avec le soutien et l’implication de sa famille proche, Candine, son entreprise de vente en ligne de bonbons halal.
Notre troisième interviewée, Ilham, a vu l’entrepreneuriat venir à elle sans s’en rendre compte. C’est à la suite d’une première année à pouponner son bébé qu’elle a commencé à ressentir le besoin de faire quelque chose d’intellectuel pour son bien-être. D’un loisir elle est passée à un activité professionnelle en tant que bloggeuse pro puisqu’elle a créé Avenuedessœurs.com, un site qui regroupe un blog pratique et un annuaire musulman répertoriant plus de 200 bonnes adresses sur l’activité des musulmans et musulmanes sur internet.
Trois profiles de mom’preneures, trois motivations, trois réussites différentes qui inspirent.
En pensant à ses filles, Ilham dit espérer que son travail leur permette de comprendre«qu’il y a différentes manières de réussir sa vie». Chose que partage Sabrina qui dit être fière de répondre «chef d’entreprise» quand on lui demande ce qu’elle fait de la sienne, même si pour Meriem il y a tout de même de l’agacement quand elle entend des phrases d’envie du type : «Mais tu as la belle vie, à la maison, tranquille, avec zéro stress !». Le travail à domicile, malgré l’opportunité indéniable de pratiquer sa religion loin de toute discrimination, et une flexibilité attirante, demande beaucoup de persévérance et de sacrifices. Des longues journées, sans week end, dans lesquelles elle aimerait bien voir s’immerger ceux qui l’envient. Sabrina confirme que «ce n’est pas adapté à tout le monde !». Avant de rajouter : «Avoir des enfants en bas âge ralentit considérablement mon travail. L’organisation peut vite voler en éclat».
Des difficultés pour elles, des leçons de vie pour tousPour la créatrice de Candine, Meriem, c’est à ses débuts qu’elle a vécu les plus grosses difficultés, assaillie de doutes sur un avenir incertain, et la peur de ne pas y arriver. Les moments de panique peuvent, pourtant, être de tout ordre et en plein parcours comme Ilham qui, suite à une mauvaise manipulation sur son site a vu son trafic chuter de près de 70% pendant quelques semaines. Ou encore Sabrina qui s’est retrouvée à organiser le salon du Bourget avec un bébé.
Pour elles, les solutions à ces instants d’instabilité, que toutes entrepreneures connaissent, raisonnent comme d’une seule voix : Le Tawakul ‘ala Allah, la patience et le soutien d’un réseau solide.
Pouvoir partager leurs interrogations, rechercher un appui et une écoute positive est plus que primordial même si la plupart trouvent leur meilleur soutien en leur mari.
Leurs sœurs, elles les trouvent notamment sur les réseaux sociaux et dans le groupeAkhawatesBusiness, association pour la promotion de l’entrepreneuriat au féminin dans le cadre de l’éthique musulmane et premier réseau de professionnelles musulmanes. Transmettre, informer, et constituer un réseau pour renforcer et encourager la solidarité entre femmes sont les valeurs que partagent cette association avec ses membres de plus en plus nombreuses chaque année.
Savoir admettre que l’on ne peut pas tout faire toute seule et qu’il faut bien s’entourer sont des bases pour qui veut persévérer vers la réussite qui n’est pas forcément à évaluer en nombres de zéro au chiffre d’affaires.
Beaucoup se retrouveront peut-être dans la phrase de Ilham, fondatrice de Avenuedessœurs.com :
« Je mets mes compétences au service de ma communauté, je fais ce que j’aime, je pratique ma religion sans contrainte, je profite de ma famille. Que demander de mieux ?
ajib