
La Grande mosquée de Bruxelles est-elle toujours sous la coupe saoudienne ? En mars dernier, les deux royaumes avaient négocié la sortie de l’Arabie saoudite de la gestion de la mosquée de Bruxelles. Un préavis d’un an avait alors été accordé aux autorités actuelles pour quitter le lieu de culte.
La décision avait fait suite à un rapport alarmant d’une Commission d’enquête parlementaire, publiée en octobre 2017, qui recommandait de mettre un terme à la convention qui confiait la gestion de la mosquée belge à l’Arabie saoudite. Une convention qui datait de 1969.
Mais en attendant, les autorités belges demandaient au lieu de culte bruxellois, accusé de diffuser une littérature incitant à la haine et au djihad armé, de la transparence. Selon le député fédéral de Bruxelles-Capitale, Georges Dallemagne, on en est bien loin. Cette semaine, il est allé « vérifier si la Grande mosquée fournissait enfin des comptes transparents par rapport à ses activités, comme la loi l’exige. Il s’avère que non. »
Pour l’élu belge, il y a toujours, dans les comptes de la mosquée de Bruxelles, « cette opacité, malgré la Commission d’enquête, malgré les recommandations du Parlement fédéral, malgré ce que met en œuvre le Gouvernement fédéral. » Selon Georges Dallemagne, l’Arabie saoudite est « toujours un pays qui promeut des idéologies radicales qui ont des liens avec des groupes terroristes. »
En pleine affaire Khashoggi, le député fédéral a posé la question de la vente d’armes à l’Arabie saoudite et de l’achat de pétrole saoudien. Georges Dallemagne vise le royaume wahhabite mais également la Ligue islamique mondiale. « J’ai vu le procès-verbal d’une réunion dans lequel ils disent nommément que la Ligue islamique mondiale est leur premier bailleur de fonds. Il y a donc un lien direct entre l’Arabie saoudite, la Ligue islamique mondiale, notre Grande mosquée, la promotion du salafisme et, nous dit l’OCAM, il y a un lien évident entre le salafisme et le terrorisme. »
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