8:32 - September 14, 2019
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Le retour au Liban de Amer Fakhoury, connu pour être le bourreau d’al-Khiam, ce camp de détention israélien du sud, a suscité un grand tollé dans les milieux de la résistance, si ce n’est une grande colère.
Durant l’occupation israélienne du sud Liban -1978 et 2000-, il était l’un des responsables de la milice qui a collaboré avec l’entité sioniste, l’Armée du Liban sud, connue surtout sous l’appellation de la milice de Jaïsh Lahd.
 
Pire encore, il était le responsable  de cette prison  dans laquelle des milliers de jeunes combattants de la résistance avaient été séquestrés et torturés, parfois jusqu’à la mort.
 
C’est lui qui commanditait les différents sévices qui leur étaient infligés, rapporte un ancien détenu pour la télévision al-Mayadeen TV Jihad Hammoud.
 
26 ont péri en raison de ses procédés cruels. Deux d’entre eux, Bilal Salmane et Ibrahim Bou Izzat,  lorsque Fakhoury a ordonné de réprimer un mouvement de contestation dans une cellule réclamant l’entrée de la Croix rouge. En leur jetant des engins innervants.
 
Un autre détenu, Abdallah Amzat avait été accroché sur le poteau de la cour de la prison et a été battu à mort. Son corps n’a jamais été retrouvé. Même sort pour un autre détenu qui avait été laissé sur ce poteau pendant une nuit glaciale jusqu’à mourir de froid.
 
Ali Fayyad, le fils d’un détenu raconte comment Fakhoury a arraché l’œil de son père, la lui a remplacé par un œil en verre, et l’a laissé sans soins.
 
Or les raisons de cette colère ne se limitent pas à ces faits horribles qui ont eu lieu depuis de longues années. C’est surtout son retour récent au Liban comme si de rien n’était qui a suscité l’ire des gens.
 
Le 11 septembre, il est rentré au Liban via l’aéroport international de Beyrouth, avec un passeport américain. Pourtant un mandat d’arrêt émis à son encontre aurait dû l’en empêcher. Son procès par contumace l’avait condamné à 15 années de prison avec travaux forcés. Il devait aussi répondre pour des accusations de viols et d’enlèvements.
 
L’officier de la Sureté générale (SG) à l’aéroport, chargé des vérifications d’identité n’a pu ni ordonner son arrestation, ni empêcher son entrée sur le sol libanais, pour la simple raison que son mandat d’arrêt avait été retiré. En catimini.
 
Après avoir confisqué son passeport, il a contacté la SG à Beyrouth qui a envoyé un colonel en personne pour l’accompagner. Et puis il a été relâché.
 
C’est la révélation par le journal libanais al-Akhbar qui déclenché l’affaire de nouveau.
 
Depuis, il a été convoqué par la SG où il a subi un interrogatoire. Il y a reconnu travailler pour le compte de l’ennemi israélien. Il a avoué avoir obtenu un passeport et une carte d’identité israéliens après s’être évadé du Liban lors de la libération en l’an 2000, rapporte l’Agence nationale dfakhoury_aoune l’information (ANI). Puis il aurait quitté les territoires palestiniens occupés, selon ses aveux.
 
Cette version de son départ contredit celle qui a été véhiculée auparavant, selon laquelle il a quitté le Liban depuis 1998, pour désaccords avec ses supérieurs.
 
La SG l’a alors transféré auprès du procureur général militaire où il devrait être auditionné. Deux enquêtes parallèles ont aussi été ouvertes auprès du Tribunal militaire et auprès des Renseignements militaires.
 
Sur les réseaux sociaux qui bouillonnent depuis l’éclatement de cette affaire, une photographie postée ce vendredi après-midi a fait le buzz.
 
Elle illustre le collaborateur Fakhoury au côté du commandant de l’armée libanaise Joseph Aoun. (Photo à droite) Ouvrant un nouveau volet dans cette affaire.
 
« Quelqu’un au sein de l’Etat libanais œuvre pour blanchir les dossiers de 60 autres agents » libanais ayant collaboré avec Israël et qui se trouvent à l’étranger, a rapporté la correspondante de la télévision al-Manar. Selon laquelle ils devraient revenir au Liban eux aussi. « Pourquoi en ce moment précisément », s’est-elle interrogé, citant des sources pour al-Manar.
 
Des manifestations sont organisées pour réclamer son expulsion, l’ouverture d’un nouveau procès, voire même sa condamnation à mort.
L’affaire n’est qu’à ses débuts.
Al Manar
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