6:09 - July 04, 2020
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Téhéran(IQNA)-L’Union européenne a demandé au gouvernement chinois d’autoriser l’accès de la région autonome du Xinjiang à des observateurs indépendants, après les accusations contre la Chine de faire subir des «pratiques effroyables» aux membres de la minorité Ouïghour.
D’après Adrian Zenz, anthropologue allemand et auteur chrétien fondamentaliste connu pour ses études sur les camps de rééducation du Xinjiang, les Ouïghours seraient soumis à des stérilisations forcées.
 
« Si elles sont avérées, des pratiques aussi effroyables constitueraient de graves violations des droits de l’Homme », a déclaré Virginie Battu-Henriksson, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.
 
« Elles doivent cesser immédiatement et les responsables doivent être tenus pour responsables », a-t-elle ajouté, lors d’un point presse à Bruxelles.
 
« Nous réitérons notre demande à la Chine de permettre un accès et un environnement propice pour des visites d’observateurs indépendants en vue d’une évaluation indépendante, objective, impartiale et transparente de ces questions qui sont une source de préoccupation majeure », a-t-elle annoncé.
 
« Les stérilisations massives constituent un génocide selon une série de textes », a-t-elle admit, ajoutant que « pour l’instant il s’agit d’un rapport et cela reste à confirmer ».
 
Les Ouïghours sont l’une des 56 ethnies du pays, principalement musulmans turcophone, ils vivent majoritairement au Xinjiang, immense territoire semi-désertique du nord-ouest chinois longtemps frappé par des attentats meurtriers, attribués par Pékin à des séparatistes et des islamistes.
 
La Chine est accusée par Amnesty International d’avoir interné dans la région au moins un million de Ouïghours dans des camps de rééducation politique. La Chine dément ce chiffre et parle de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi et à l’éloigner ainsi de l’extrémisme et du terrorisme.
 
La Chine est aussi accusée d’organiser un marché d’« organes halal » de Ouïghours, vendus à des personnes venant du monde entier en Chine pour se faire greffer des organes prélevés sur des Ouïghours.
 
Sylvie Lasserre, reporter indépendante et autrice du livre « Voyage au pays des Ouïghours : de la persécution invisible à l’enfer orwellien« , accuse la Chine d’avoir mit en place un trafic d’organes de prisonniers.
 
Selon elle, trois millions de Ouïghours seraient enfermés dans des camps d’internement. Cette dernière raconte l’histoire d’un jeune ouïghour, interné en 2015 dans un camp. Il aurait reçu une injection d’un produit inconnu et a été emmené dans un hôpital où il s’était évanoui : « le lendemain, il se réveillait avec une cicatrice au niveau du rein ».
 
Une enquête du média en ligne Vice, publiée le 19 juin, affirme que la Chine se livre à un vaste trafic d’organes humains. Les Ouïghours ne consommant ni alcool ni porc, leurs organes seraient prisés par certains malades musulmans.
 
« Le gouvernement chinois fait la promotion de ces organes halal en Arabie saoudite pour attirer les musulmans », accuse Erkin Sidick, conseiller du World Uyghur Congress, dans l’enquête de Vice. De fait ces organes se vendent très chers, jusqu’à 500 000 dollars (450 000 €) pour les organes d’un prisonnier Ouïghours de 30 ans en bonne santé.
 
Pour Ethan Gutmann, journaliste américain, soupçonne que les bénéfices sont partagés entre « les hôpitaux, les établissements locaux du Parti communiste chinois ainsi que dans les camps d’internement ».
 
D’après le site Oumma, plusieurs témoignages rapportés par la presse et par des Commissions d’enquête indépendantes, assurent que « des prélèvements sanguins et des échographies d’organes seraient systématiquement pratiqués tous les mois, dans ces provinces, sur tous les Ouïghours de 12 à 65 ans ».
 
« Pour dissimuler ces pratiques systématiques, les corps des disparus Ouïghours de ces camps de détention seraient incinérés, sans l’autorisation de leurs familles », note le site spécialisé sur le monde musulman.
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