La guerre en Ukraine est une confrontation entre l'Est et l'Ouest pour dominer l'avenir du monde

9:29 - July 06, 2022
Code de l'info: 3481267
Téhéran(IQNA)-Le haut conseiller du recteur de l'Université des religion a indiqué que la crise ukrainienne n'était pas seulement une guerre entre la Russie et l'Ukraine, mais une confrontation totale entre la Russie et l'Occident pour dominer l'avenir du monde.

Lors de la réunion sur « La guerre d'Ukraine et ses implications régionales », organisée dans le hall de l'Université des religions, l’Hodjat-ol-islam Masjid Jame'i, conseiller du président de l'université et également membre de la faculté du ministère des Affaires étrangères, a déclaré : « La crise en Ukraine n'est pas seulement une guerre entre la Russie et l'Ukraine, mais une confrontation à grande échelle, entre la Russie et l'Occident, pour dominer l'avenir du monde. Les questions importantes concernant l'histoire de l'Ukraine, sont ses réalités politiques et sociales, en particulier après l'effondrement de l'Union soviétique et l'indépendance, et les conflits et les différends entre ses parties occidentale et orientale.

Le deuxième point est la forte présence de l'OTAN dans ce pays, ces dernières années. La présence militaire de l'OTAN à l'intérieur de l'Ukraine, était un problème que Poutine et la Russie ne pouvaient tolérer. Comme vous le savez, l'une des demandes importantes de l'Ukraine était d'adhérer à l'Union européenne et à l'OTAN. Depuis la Seconde Guerre mondiale, aucune guerre n'a eu des conséquences aussi lourdes bien que nous soyons encore probablement au début de cette crise et que seulement quatre mois se soient écoulés. Dès les premiers jours, il ne s’agissait pas d’une guerre entre deux pays, mais d’une guerre entre la Russie et le bloc occidental qui se tient aux côtés de l'Ukraine et la soutient ouvertement. Mais le plus important est qu'au cours de ces dernières années, un nombre important de responsables politiques et de décideurs du bloc occidental sont plus ou moins arrivés à la conclusion que les développements au niveau mondial, avancent dans le sens d’une réduction de l'influence de l'Occident et de la civilisation occidentale. Selon eux, la principale cause de cette situation est la croissance inattendue de la Chine et dans une certaine mesure, d'autres pays émergents. En fait, pendant cette période, la Chine s'est engagée dans des projets d'infrastructures dans des pays qui appartenaient traditionnellement au bloc occidental, comme le projet de la route de la soie, un projet extrêmement lourd dont l'aboutissement fera de la Chine une puissance mondiale.  La Chine à un grand rôle dans les activités d'infrastructure en Afrique, la construction de routes, de ports, d'aéroports, d'usines, de mégaprojets de construction et même de musées. Les Chinois ont construit la plus importante mosquée d'Algérie à Alger, qui est aussi une des plus grandes mosquées du monde musulman, pour un coût d'un milliard de dollars.

حجت‌الاسلام و المسلمین محمد مسجدجامعی، مشاور عالی رئیس دانشگاه

Dans son discours de Davos 2019, George Sours a clairement dit que si la croissance de la Chine se poursuit à ce rythme, l'Occident perdra sa supériorité historique. Dans son récent discours aux ambassadeurs français, le président français, Macron, a déclaré que leurs concurrents ont pris le pas et qu’ils ne sont plus les premiers. Ces dernières années, pour diverses raisons, la Chine et la Russie se sont rapprochées à cause du sentiment d'une menace commune et de l'existence d'intérêts communs. Ces deux pays même sous le régime communiste, se faisaient concurrence mais ces dernières années, les problèmes et les défis mondiaux les ont rapprochés, en particulier avec la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Une autre chose à propos de la Chine, est le comportement de ce pays dans le monde. La Chine a toujours essayé de ne pas entrer directement dans les zones de tension et s'est toujours éloignée des tensions et des défis internationaux Par conséquent, les pays occidentaux ne peuvent pas attaquer directement la Chine, mais essaient de l'affaiblir indirectement, en faisant pression sur ses partenaires comme la Russie.

حجت الاسلام مسجد جامعی؛ مشاور عالی رئیس دانشگاه ادیان و مذاهب

Deux parties importantes du tiers monde, l'Amérique latine et l'Afrique noire, ont atteint une stabilité sociale et politique relative au cours des deux ou trois dernières décennies, et la situation est beaucoup plus stable que par le passé,  mais dans notre région, c'est-à-dire dans la région du Moyen-Orient, il n'y a toujours pas de « logique de transfert de pouvoir » et si la situation est calme, elle est parfois fragile. Les raisons des troubles dans notre région, sont les nombreuses ingérences des puissances occidentales, en particulier des États-Unis. Les révolutions de velours qui se sont produites dans cette région, leurs interventions dans des pays comme la Syrie, l'Irak, le Yémen, la Libye et même l'Égypte, pour changer les régimes ou aligner les gouvernements de ces pays sur leurs propres intérêts, ne sont plus possibles aujourd’hui car les conditions de ces pays et de la région ont changé, et les Etats-Unis n'ont plus le pouvoir unilatéral qu'ils avaient. Au cours des deux ou trois dernières décennies, les Chinois n'avaient rien à voir avec les régimes au pouvoir, ils reconnaissaient chaque régime au pouvoir et se souciaient uniquement de leurs activités de base. En fait, ils n'avaient rien à voir avec les questions des droits de l'homme qui sont généralement politiques et provoquent des ingérences dans d'autres pays. Actuellement, les Chinois et les Russes ne recherchent pas de tels problèmes. Dans la crise ukrainienne, une question très importante pour les voisins du sud de l'Iran est le blocus économique de la Russie par le bloc occidental. Le blocus économique de la Russie a deux conséquences, premièrement  la question de l'énergie, le pétrole et le gaz, est importante et deuxièmement, le blé et la nourriture. La question énergétique est la question la plus importante, et les clients les plus importants sont les Européens. L'Europe, à l'exception de l'Angleterre, est profondément dépendante du gaz et du pétrole russes, et lorsqu'ils sanctionnent la Russie, ils doivent penser à des alternatives comme les pays arabes du Golfe Persique, un pays comme le Venezuela sous embargo depuis des années, ou même l'Iran qui est aussi parfois mentionné comme moyen d’obtenir du pétrole. Ces derniers mois, quelques événements se sont produits qui montrent à quel point les Occidentaux ont besoin d'énergie. Par exemple, à la mort de l'émir des Emirats, les chefs des puissances occidentales se sont précipités pour exprimer leurs condoléances. Macron, Johnson et même Biden qui a envoyé son adjoint, et Erdogan qui est venu. Que signifie cette précipitation à la mort de quelqu'un qui n'avait pratiquement aucun pouvoir ? Sans aucun doute, si cette mort s'était produite avant la guerre en Ukraine, ils n’auraient certainement pas agi ainsi. Lors de la conférence du G20 qui a eu lieu quelque temps après l'assassinat de Khashoggi, aucun des présidents n'a prêté attention au dirigeant saoudien sauf Poutine qui l'a reçu chaleureusement dans le style russe. Mais maintenant, ce crime a été oublié d'un coup, et les pays du bloc occidental rivalisent pour se rapprocher de l'Arabie saoudite. Dans l'ensemble, ces réalités régionales et mondiales ont commencé avec la question de l'énergie, mais cela a conduit à un renforcement de l'Arabie saoudite et des émirats. En fait, on peut dire que cette amélioration de la situation est en partie liée à la désintégration du système mondial. Un autre point est que nos voisins du sud ont plus de maturité politique qu'auparavant, et que pour diverses raisons et malgré les pressions, ils ont refusé de sanctionner la Russie. Avant, il n'était pas habituel que ces pays n'acceptent pas les demandes des Occidentaux, mais dans le cas de la crise ukrainienne, cela n’a pas marché. Comme le montrent les statistiques, dans les années à venir, l'Arabie Saoudite progressera avec une croissance similaire à celle de l'Inde. Il est donc dans notre intérêt de renforcer nos relations avec ces pays, bien sûr, sans précipitation. Une bonne relation sans tension avec ces pays, contribuera à une stabilité intérieure ».

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