Obida Binki, calligraphe syrien et rédacteur du Coran du Qatar, publié en 2009 et tiré à ce jour, à plus de 700 000 exemplaires, et calligraphe de la cinquième série de billets qatariens, a parlé avec Al-Jazeera de son parcours artistique et de son apprentissage de la calligraphie, et déclaré : « Pour écrire le Coran, il faut débarrasser son âme de l'orgueil et de l'arrogance, car ces impuretés affectent inévitablement l'âme. Lorsque cela se produit, le calligraphe ressent la miséricorde de Dieu et se rend compte que Dieu est son créateur et que c'est Dieu qui l'aide à écrire.

Au début de l’année 2001, le ministère des Dons du Qatar a organisé un concours pour écrire le Mushaf national de ce pays, auquel 120 calligraphes ont participé dans la première étape. La deuxième étape de ce concours comprenait la rédaction des deuxième et vingt-huitième parties du Coran, et j’ai été choisi pour ce travail avec un autre calligraphe. J'ai quitté la Syrie pour le Qatar en 2004, et me suis consacré à l'écriture du Coran pendant trois ans et demi. Pendant ce temps, je lisais le Livre divin toute la journée et j'arrêtais de lire seulement pour prier. Ensuite je suis allé en Egypte où ce livre a été révisé trois fois par Al-Azhar, puis je suis allé à Istanbul pour le publier. Au début mon intention était seulement d'écrire le Coran, c'est le souhait de tout calligraphe, et Dieu m'a exaucé et j'ai réussi à écrire un exemplaire du Coran. C'était une bénédiction que Dieu m’a accordée et non le résultat d'une bonne action de ma part.

Lorsque j'étais en deuxième année de l'école primaire, un inspecteur de l'éducation est venu dans notre école et le professeur m'a dit d'écrire quelque chose au tableau, ils m'ont encouragé. J’ai ensuite commencé à apprendre la calligraphie de manière plus professionnelle, en imitant le style du célèbre calligraphe irakien Hashem al-Baghdadi. Le premier verset que j'ai écrit dans le Gouvernorat de Deir ez-Zor, en Syrie, en 1979, était ce verset de la sourate Fath :
«إِنَّ الَّذِينَ يُبَايِعُونَكَ إِنَّمَا يُبَايِعُونَ اللَّهَ يَدُ اللَّهِ فَوْقَ أَيْدِيهِمْ «
« Ceux qui te prêtent serment d'allégeance ne font que prêter serment à Allah, la main d'Allah est au-dessus de leurs
mains » (Coran 48 :10)
En 1977, Sadate s’est rendu à la Knesset et j’étais alors en septième année. Durant cette période, nous avons participé à de nombreuses manifestations dans le monde arabe, et de même, à Deir ez-Zor, j'ai écrit de nombreux slogans pour ces manifestations.
Ensuite, dans le sport j'ai découvert que ce qui est important pour réussir n'est pas le talent mais la pratique continue, comme le disait Ahmed Kamel, célèbre calligraphe ottoman et chef de la calligraphie : « Si un calligraphe abandonne la pratique de la calligraphie juste un jour, il sera un débutant le lendemain ».
