
À quelques jours du début du ramadan, prévu autour du 19 février, la mosquée d’Agde est toujours fermée. Une situation qui suscite une vive incompréhension parmi les fidèles et qui dure depuis deux ans.
Car le lieu de culte qui se trouve à quelques pas de la gare d'Agde avait été fermé administrativement une première fois en 2024 par la mairie, qui avait invoqué des travaux de mise aux normes jugés incomplets et des manquements à la sécurité du public.
La mosquée, qui compte environ 250 fidèles, a toutefois réouvert ses portes quelques mois en mars 2024, grâce à une suspension de l'arrêté municipal par le tribunal administratif de Montpellier, le temps d'étudier les recours de l'association Recherche et culture qui gère l'établissement religieux.
Finalement, les recours sont rejetés début 2025. La mosquée est de nouveau fermée, et n'a depuis pas réouvert. L'association a depuis déposé un appel devant le tribunal administratif de Toulouse.
Des travaux réalisés et des avis favorables, selon les fidèles
Pour Hamza (le prénom a été modifié), fidèle du lieu de culte et proche du dirigeant de la mosquée, cette fermeture est "injustifiée" et "discriminatoire". "Après la première fermeture par la mairie d'Agde, on a fait les travaux demandés par les autorités", explique-t-il.
Il affirme que plusieurs services de contrôle sont passés et ont donné un avis favorable à la réouverture. "La préfecture, la sous-préfecture, le comité de sécurité nous ont donné leur accord. On a tous les papiers", assure-t-il. Malgré cela, la mosquée est toujours fermée.
La question de la “zone rouge” en débat
Selon le fidèle, la mairie invoque un classement du secteur en zone rouge inondable. "Si ça l'est pour la mosquée, ça doit l’être pour tout le monde", s'agace Hamza. Il cite plusieurs établissements situés à proximité qui, selon lui, continuent d’accueillir du public. "Un garage reçoit des gens, il n’est pas fermé. Les HLM autour, les appartements, la gare, ce sont aussi des établissements recevant du public. Pourquoi eux ne sont pas concernés ?"
Et lors des inondations exceptionnelles du mois de décembre, il raconte s'être rendu à la mosquée pour faire un état des lieux. "Il n'y avait aucun dégât."
Un sentiment de "traitement inégal"
Pour Hamza, cette situation traduit une discrimination. "Lors d'une réunion en mairie, des élus ont laissé sous entendre qu'ils ne voulaient pas de mosquée à Agde."
Selon lui, les responsables associatifs de la mosquée ont tenté un dialogue avec la municipalité. "Nous essayons d'avoir un rendez-vous depuis juillet dernier", regrette-t-il.
Comparaison avec d’autres communes
Hamza compare la situation d’Agde à celle des communes voisines. "À Vias, ils ont un petit appartement transformé en lieu de culte, et ils n’ont aucun problème avec la mairie", souligne-t-il. Il insiste également sur les mesures prises par les fidèles pour limiter les nuisances. "On a des agents de sécurité pour gérer les stationnements. Après la grande prière du vendredi, on évite que les gens restent devant la mosquée", précise-t-il.
Des solutions avant ramadan
Face à l’échéance du ramadan qui approche, les fidèles demandent à la mairie une solution rapide. "Soit un contrôle confirme que tout est aux normes et on rouvre, soit on nous propose un autre lieu pour le ramadan", résume Hamza.
Sur le risque d’inondation, il affirme que les fidèles sont prêt à prier chez eux en cas d'arrêté municipal lié aux fortes pluies. "On ne va pas mettre des gens en danger, on est responsables".
Du côté de la ville d’Agde, le maire Sébastien Frey, qui se présente aux élections municipales du mois de mars, indique qu’il s’exprimera "personnellement sur le sujet le moment venu".
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