
Alors que le Japon fait face à une diminution significative de sa population, il se voit contraint d'accepter un plus grand nombre de travailleurs étrangers, notamment en provenance de pays asiatiques.
La population musulmane du Japon a considérablement augmenté, atteignant environ 360 000 personnes, contre seulement quelques milliers dans les années 1980. En parallèle, le nombre total d'étrangers vivant au Japon devrait dépasser quatre millions d'ici 2025.
Dans ce contexte, un groupe de musulmans locaux a décidé en 2021 d'acheter un terrain d'environ 1 000 mètres carrés pour construire une mosquée d'ici 2027, afin de répondre aux besoins d'une communauté musulmane en pleine expansion.
Cependant, le projet a rapidement suscité des oppositions, notamment de la part de groupes nationalistes, comme le parti "Sankei", qui prône un slogan "Les Japonais d'abord". Ce parti a connu des succès électoraux importants en 2025, renforçant ainsi les inquiétudes concernant l'augmentation des discours anti-immigrés.
Un influenceur de droite a lancé une campagne contre le projet, diffusant des allégations non vérifiées qui reliaient les promoteurs du projet à des crimes et mettaient en garde contre les impacts environnementaux d'un cimetière islamique. Bien que ces accusations aient été démenties, elles ont alimenté la méfiance parmi la population locale.
La mairie de Fujisawa, qui a délivré le permis de construire, a reçu des milliers d'appels et de messages de protestation, ce qui a également entravé le processus administratif du projet.
Pour apaiser les tensions, les responsables du projet ont organisé des réunions pour informer les résidents des détails du plan, mais ces efforts n'ont pas complètement dissipé les inquiétudes. Certains habitants demeurent sceptiques quant aux activités de la mosquée et jugent ces rencontres insuffisantes.
Les promoteurs du projet insistent sur leur respect des lois locales et leur désir de coexistence pacifique. Un musulman d'origine sri-lankaise a déclaré : "Nous aimons tous le Japon et n'avons jamais eu l'intention de causer des problèmes à la communauté locale." Des experts soulignent que la solution à cette crise passe par l'évitement de la désinformation et par la mise en avant des valeurs humaines communes.
Alors que la Constitution japonaise garantit la liberté de religion et que l'harmonie sociale est valorisée, un discours hostile envers les musulmans se renforce récemment sur les réseaux sociaux, alimenté par des groupes appelant à restreindre le port du hijab et à s'opposer à la construction de mosquées.
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