8:47 - August 10, 2026
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En Egypte, les grand-mères de Chin font de la mémorisation du Coran une école de persévérance

IQNA-Dans le village de Chin, situé dans le district de Qatour, dans le gouvernorat égyptien de Gharbiya, des dizaines de femmes âgées ont transformé leur temps libre en une véritable aventure spirituelle.

En Egypte, les grand-mères de Chin font de la mémorisation du Coran une école de persévéranceSelon Akhbar al Youm, certaines de ces grand-mères ont plus de 80 ans et plusieurs n’ont jamais bénéficié d’une scolarisation formelle. Pourtant, l’âge et l’analphabétisme ne les ont pas empêchées de mémoriser le Coran. À travers une initiative née dans une maison avant de s’étendre à toute la communauté, ces femmes ont démontré que l’apprentissage ne dépend pas uniquement de la lecture et de l’écriture, mais aussi de la volonté, de la patience et de la répétition. Leur expérience est devenue un exemple de solidarité intergénérationnelle et de mobilisation communautaire autour du Livre saint.

En Egypte, les grand-mères de Chin font de la mémorisation du Coran une école de persévérance

Une initiative née dans la simplicité d’une maison

 

L’histoire de cette initiative commence avec Hadjia Oum Racha, une habitante du village qui a entrepris son propre parcours de familiarisation avec le Coran dans l’intimité de son foyer. Elle s’est appuyée sur l’écoute répétée des récitations enregistrées et sur la répétition constante des versets. À force d’écouter et de répéter, les paroles coraniques se sont progressivement ancrées dans sa mémoire.

 

Mais son objectif n’est pas resté individuel. Après avoir avancé dans son propre parcours, elle a souhaité inviter d’autres femmes du village à partager cette expérience. Un petit groupe s’est d’abord réuni dans sa maison pour écouter, répéter et mémoriser les versets. Rapidement, le nombre de participantes a augmenté au point que l’espace disponible ne suffisait plus.

 

Une partie du terrain situé à proximité de son habitation a alors été consacrée à l’installation d’un petit centre destiné aux rencontres quotidiennes. Après leurs tâches domestiques et leurs responsabilités auprès de leurs enfants et petits-enfants, les femmes se rendaient dans cet espace pour apprendre de nouveaux passages ou réviser ceux qu’elles avaient déjà mémorisés.

En Egypte, les grand-mères de Chin font de la mémorisation du Coran une école de persévérance

L’initiative a également favorisé la rencontre entre les générations. Des femmes plus jeunes et des diplômées universitaires du village ont rejoint le groupe. Elles ont notamment contribué à écouter les récitations, à corriger la prononciation et à aider les participantes âgées à consolider leurs connaissances. Ainsi, l’expérience des anciennes et l’énergie de la jeunesse se sont complétées autour d’un objectif commun.

 

L’écoute et la répétition pour dépasser l’analphabétisme

 

Le principal obstacle auquel ces femmes étaient confrontées était leur difficulté à lire. Pour certaines, l’absence de scolarisation rendait impossible l’utilisation traditionnelle d’un exemplaire du Coran comme support principal d’apprentissage. Elles ont cependant trouvé d’autres moyens de mémoriser.

 

La radio et la télévision ont d’abord joué un rôle important. Les participantes écoutaient les récitations à plusieurs reprises, parfois des dizaines de fois, afin de retenir progressivement les versets. Avec l’évolution des technologies, les téléphones portables sont devenus de nouveaux outils d’apprentissage. Les fichiers audio leur permettent aujourd’hui d’écouter les passages à mémoriser à tout moment, à la maison, dans les champs ou pendant leurs déplacements.

 

Des habitants du village leur ont également fourni des « stylos parlants », des appareils permettant d’écouter les versets et de les répéter autant de fois que nécessaire. Ces outils ont facilité l’apprentissage de femmes qui ne pouvaient pas s’appuyer sur la lecture pour mémoriser.

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Cette méthode repose essentiellement sur l’écoute, la répétition et la récitation. Elle montre que la mémorisation peut emprunter des chemins différents selon les capacités de chacun. Pour ces femmes, le Coran n’est donc pas seulement associé à un livre qu’il faut savoir lire : il est devenu une parole écoutée, répétée et progressivement conservée dans la mémoire.

 

Au fil du temps, cette pratique a également transformé leur quotidien. Les réunions régulières sont devenues des moments de partage, d’encouragement et de soutien mutuel. Elles ont permis aux participantes de consacrer leurs temps libres à une activité qu’elles considèrent comme bénéfique, tout en renforçant les liens sociaux entre les habitantes du village.

 

L’expérience de Chin remet ainsi en question l’idée selon laquelle la mémorisation du Coran serait principalement réservée aux jeunes ou aux personnes ayant reçu une éducation formelle. Elle montre au contraire que des personnes âgées et non scolarisées peuvent également entreprendre un tel parcours, à condition de bénéficier d’un environnement encourageant et de méthodes adaptées.

 

Une mobilisation communautaire qui dépasse les générations

 

Le succès de l’initiative n’est pas resté limité aux participantes. Au fur et à mesure que les femmes progressaient, les habitants du village ont commencé à soutenir davantage le projet. Des commerçants, des entrepreneurs et des bienfaiteurs ont notamment contribué à organiser des concours de mémorisation du Coran et à offrir des récompenses aux participantes les plus performantes.

En Egypte, les grand-mères de Chin font de la mémorisation du Coran une école de persévérance

Des cérémonies annuelles sont également organisées pour honorer les femmes qui ont achevé la mémorisation du Coran ou qui ont réalisé des progrès importants. Ces événements rassemblent les habitants dans les salles et les mosquées du village et donnent une dimension collective à la réussite des participantes.

 

Pour certaines femmes particulièrement distinguées, des habitants ont même organisé des voyages collectifs pour accomplir la Omra. Ces initiatives constituent à la fois une reconnaissance de leurs efforts et un encouragement à poursuivre leur relation avec le Coran.

 

L’impact du projet s’étend également aux familles. Les enfants et les petits-enfants observent leurs mères et leurs grand-mères s’engager avec détermination dans un apprentissage qu’elles auraient pu considérer comme difficile, voire inaccessible, compte tenu de leur âge ou de leur parcours scolaire. Leur exemple encourage à leur tour les jeunes à rejoindre les cercles de mémorisation.

 

La particularité de cette expérience réside donc dans son caractère intergénérationnel. Les jeunes ne sont pas seulement des bénéficiaires de la transmission religieuse : ils deviennent aussi des accompagnateurs et des soutiens pour les personnes âgées. Les grand-mères, de leur côté, transmettent aux nouvelles générations une leçon de patience et de persévérance.

 

L’initiative de Chin illustre ainsi une forme de développement communautaire fondée sur des moyens simples. Elle n’a pas commencé avec une grande institution ou d’importantes ressources financières, mais avec une femme, une maison et la volonté de partager une démarche spirituelle. Le soutien progressif de la communauté lui a ensuite permis de prendre une dimension beaucoup plus large.

 

Chaque jour, avant le coucher du soleil, le petit espace consacré à l’apprentissage coranique se remplit de voix féminines récitant et répétant les versets. Certaines participantes peuvent éprouver des difficultés à lire les textes écrits, mais elles ont réussi à les mémoriser grâce à l’écoute et à la répétition. Leur mémoire devient ainsi le support d’un savoir qu’elles n’ont pas pu acquérir par l’école.

 

L’expérience des femmes de Chin porte enfin un message qui dépasse le seul cadre de la mémorisation du Coran. Elle rappelle que l’apprentissage peut commencer à tout âge et que les obstacles liés à l’éducation, au temps disponible ou à l’âge peuvent être surmontés lorsqu’une personne bénéficie de motivation et de soutien.

 

À Chin, les cercles coraniques sont donc devenus bien davantage que des lieux de mémorisation. Ils constituent un espace de rencontre, de solidarité et de transmission entre générations. À travers leur engagement, ces grand-mères montrent qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre, progresser et entreprendre un nouveau chemin. Leur parcours transforme une difficulté individuelle en une force collective et fait de leur village un exemple de persévérance autour du Coran.

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