
Seyed Hamze Safavi, professeur à l’université de sciences politiques de Téhéran et directeur du centre de recherches sur le monde de l’islam, dans un entretien avec l’Agence chiite de presse Shafaqna, a déclaré que le monde de l’islam signifiait tous les musulmans qui vivent dans le monde ou les 57 pays de l’OCI.
« En islam, ce sont les convictions qui comptent et non la situation géographique, cependant notre définition du monde de l’islam aura des conséquences différentes sur le choix des stratégies. Le monde de l’islam n’est pas conscient de la nécessité de l’union et les religieux et les intellectuels ne sont pas arrivés à une solution commune. Quels résultats concrets ont eu toutes ces conférences sur la communauté de l’islam ?
Le Coran nous propose un axe de réflexion avec les autres religions :
«قُلْ یَا أَهْلَ الْکِتَابِ تَعَالَوْا إِلَی کَلِمَةٍ سَوَاءٍ بَیْنَنَا وَبَیْنَکُمْ أَلَّا نَعْبُدَ إِلَّا اللَّهَ وَلَا نُشْرِکَ بِهِ شَیْئًا وَلَا یَتَّخِذَ بَعْضُنَا بَعْضًا أَرْبَابًا مِنْ دُونِ اللَّهِ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَقُولُوا اشْهَدُوا بِأَنَّا مُسْلِمُونَ»
Il est nécessaire que les écoles islamiques suivent aussi ce principe. Depuis 400 ans, le monde de l’islam et les intellectuels dorment alors qu’ils doivent comprendre que l’union a des avantages incalculables.
Les divisions sont très néfastes et ont contribué à une scission entre l’Iran et l’Arabie saoudite, et au massacre des musulmans syriens.
La deuxième solution est la coopération et le respect mutuel pour une union. C’est l’avis du Guide suprême. Personne n’osait interdire certaines pratiques lors des cérémonies de deuil de l’Imam Hossein (AS) mais il les a interdites car elles nuisaient à la réputation du chiisme.
Il a aussi interdit les insultes entre musulmans.
Il faut parfois se taire pour que l’union se réalise mais les wahhabites malheureusement, ciblent le monde de l’islam. Il est nécessaire d’informer pour que le nombre de leurs partisans diminuent. Pourquoi un musulman français devrait-il avoir comme objectif de se faire sauter et de tuer d’autres musulmans ? Les tendances extrémistes et les effusions de sang doivent disparaitre.
La Malaisie est un pays particulier dans le monde de l’islam. C’est un pays doté d’une grande technologie mais qui est sensible aux activités des chiites. En Arabie saoudite, il faut informer sur la nécessité de faire disparaitre le salafisme car il est impossible de discuter avec des gens qui considèrent que le meurtre d’un chiite les fera entrer au paradis. Beaucoup de pays faibles souffrent de l’arrogance des pays occidentaux et sont obligés de signer des accords qui ne sont pas toujours dans leur intérêt.
L’Iran ne doit pas se considérer comme un leader et un chef idéologique, ni comme un pays que les autres pays doivent imiter. Les mouvements islamiques doivent se faire par le biais des intellectuels du monde de l’islam. L’Histoire a montré que les grands religieux de Najaf, de Qom et d’Al Azhar avaient des relations, se respectaient et avaient tenté de diminuer les tensions entre chiites et sunnites.
Le pétrole et les ressources naturelles qui existent dans les pays islamiques ont attiré l’attention des pays occidentaux qui ont placé des pions dans ces pays pour mieux les piller. Ces gouvernements touchent des pots de vins et profitent des revenus pétroliers ou d’autres revenus que les impôts, dont ils n’ont pas à répondre.
Dans les pays occidentaux, les gouvernements doivent répondre de leurs politiques économiques car ils dépensent les impôts que les gens versent et en dépendent.
Les travaux qui sont effectués doivent être concrets et évaluables. L’union a des étapes. Certains intellectuels qataris ont peur que l’Iran attaque et occupe leur pays. Ce n’est qu’une idée et tout le monde sait en Iran, qu’aucun responsable n’envisage une telle chose.
Il aurait fallu que les réunions entre les universitaires des deux pays aient lieu bien auparavant et en ce qui concerne le monde de l’islam, je dois dire qu’il faut faire preuve d’une juste mesure et ne pas tomber dans les extrêmes », a-t-il dit.