
La direction de l’établissement catholique situé à Pradeau-La Sède refuse catégoriquement de laisser entrer la maman voilée qui souhaitait seulement récupérer ses enfants à l’école. Ne portant pas de niqab mais seulement un hijab, la mère ne comprend pas ce rejet nullement précisé dans la loi française.
C’est alors qu’elle réclame en urgence au juge des référés de Tarbes « le droit à pouvoir pénétrer ainsi vêtue dans l’enceinte de l’école d’enseignement privé et catholique Pradeau-La Sède pour venir y chercher ses deux enfants », d’après le quotidien La Dépêche.
Pour leur défense, les responsables de l’école avancent la loi du 15 mars 2004 qui souligne que « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit ». Seulement voilà, l’avocat du barreau de Nice remet en cause cette justification et condamne cette discrimination, la qualifiant ainsi de « situation illégale et que le droit clarifie pourtant. [Cette interdiction ne s'applique] pas aux parents et surtout pas dans l’enseignement privé », a-t-il affirmé.
L’avocat rappelle également que d’autres mères voilées ont été victimes d’une discrimination comparable et qu’elles ont obtenu gain de cause car elles étaient totalement dans leur droit. C’est ainsi qu’il a déclaré : « la loi doit primer car nous ne sommes pas sous le régime de l’apartheid pour interdire telle ou telle personne. Ma cliente doit attendre à l’extérieur. Il y a eu d’autres cas similaires en France où l’on refusait l’accès à des femmes voilées et à chaque fois, il y a eu condamnation. Là, on menace de déscolariser ces enfants si elle persiste. On pourrait s’attendre à davantage de tolérance de la part d’un établissement catholique. D’ailleurs, elle a pu rentrer voilée pour déposer son chèque… » Ainsi, il semblerait que la direction de l’établissement ait été envahie par un élan de tolérance lorsqu’il s’agissait de recevoir un paiement ou peut-être que les chèques éblouissent leur vue si bien qu’ils ne perçoivent plus aucun voile sur cette maman.
Cet épisode illustre une fois de plus l’intolérance de certains chefs d’établissement qui disent agir en accord avec la loi française, cette fameuse loi que beaucoup appliquent comme bon leur chante. Rappelons que la loi du 15 mars 2014, ne s’applique que dans le cadre de l’enseignement primaire et secondaire public aux élèves et non aux parents.
ajib