Le pape et le Premier ministre libanais discutent des caricatures de Mahomet

15:26 - February 18, 2006
Code de l'info: 1480563
Service international: Le pape Benoît XVI a estimé qu'en aucun cas la liberté d'expression ne devait constituer "une atteinte aux libertés des autres" en référence aux caricatures de Mahomet, a rapporté jeudi le Premier ministre libanais Fouad Siniora à l'issue d'une audience au Vatican.



Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP", il s'agissait de la première rencontre du pape Benoît XVI avec un dirigeant musulman depuis les réactions de colère provoquées dans des pays du monde arabe par la publication dans des journaux européens de caricatures de Mahomet.

Le pape et Fouad Siniora, un musulman sunnite, ont discuté pendant vingt minutes en tête-à-tête et ont aussi évoqué les rapports entre les différentes religions au Liban.

"Nous avons discuté de la publication des caricatures des Mahomet, qui ont provoqué un sentiment de chagrin et de malaise dans le monde arabe", a indiqué le Premier ministre libanais lors d'une conférence de presse à l'issue de l'audience privée.

"Le pape a indiqué qu'en aucun cas la liberté d'expression ne devait être une atteinte aux libertés de chacun. Il a soutenu l'idée que c'était le droit de tous d'exprimer ses sentiments et ses opinions, mais d'une manière pacifique", a ajouté M. Siniora.

Le Premier ministre libanais a également apprécié que Benoît XVI "montre le Liban comme un pays de dialogue où vivent ensemble plusieurs groupes religieux".

De son côté, un communiqué du Saint-Siège a évoqué "un échange d'opinions sur la situation existante au Liban et dans le Moyen-Orient en général" et a souligné "l'engagement commun à travailler pour éduquer les populations à la réconciliation et à la paix, dans le respect des droits humains et en particulier de la liberté religieuse."

"Une attention spéciale a été réservée à la situation des chrétiens et à la contribution que ceux-ci entendent donner aux progrès" du Liban, selon le Vatican.

Le Saint-Siège a toujours manifesté sa sollicitude pour la minorité chrétienne du Liban, estimée à 37% de la population, et qui selon la Constitution du pays partage strictement le pouvoir politique avec la majorité musulmane.


La visite de Fouad Siniora en Italie se déroulait également deux jours après le premier anniversaire de l'assassinat de Rafic Hariri, le prédécesseur de Fouad Siniora, le 14 février 2005
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