l'OCI appel au calme et dénonce la fatwa lancée en Inde

15:21 - February 22, 2006
Code de l'info: 1480892
Service international: Ekmeleddin Ihsanoglu, a rejeté mardi comme "très dangereuse" la fatwa lancée lundi par des musulmans indiens condamnant à mort les auteurs des caricatures du prophète Mahomet.




Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP", lundi, un tribunal islamique de Lucknow, ville du nord de l'Inde, avait lancé une fatwa (décret religieux), condamnant à mort les auteurs des caricatures.

M. Ihsanoglu a appelé, au cours d'une conférence de presse à Islamabad après des entretiens avec les dirigeants pakistanais, à mettre un terme aux manifestations qui ont enflammé de nombreux pays musulmans à la suite de la publication des 12 caricatures le 30 septembre dans le quotidien danois Jyllands-Posten.

"Des fatwas personnelles sont très dangereuses, car elles font du tort à notre cause", a déclaré le responsable de l'OCI qui rassemble 57 pays musulmans.

"Cette fatwa est erronée, personne ne devrait y adhérer car elle va à l'encontre de l'essence de l'islam et des enseignements du prophète. Personne n'a l'autorité de tuer quiconque", a ajouté M. Ihsanoglu.

"Je saisis cette occasion pour réitérer de ne pas recourir à la violence", a-t-il remarqué.

La fatwa avait été précédée par une offre vendredi de Mohammed Yaqoob Qureshi, un ministre musulman d'Uttar Pradesh, de 510 millions de roupies (11,5 millions de dollars) de récompense en échange de la décapitation de l'un des caricaturistes.

Le dirigeant de l'OCI s'est rendu lundi au Pakistan pour des entretiens avec le Premier ministre Shaukat Aziz et le chef de la diplomatie pakistanaise Khurshid Kasuri portant notamment sur la crise provoquée par les caricatures.

Environ 5.000 habitants des zones tribales pakistanaises ont manifesté mardi contre les caricatures du prophète Mahomet et appelé le président Pervez Musharraf à démissionner, selon des témoins.

Cinq personnes ont été tuées la semaine dernière à Lahore et Peshawar (nord-ouest) lors de manifestations qui ont dégénéré.

L'opposition islamique réclame des excuses des gouvernements des pays où ont été publiés les dessins. Le gouvernement pakistanais l'accuse de détourner l'affaire des caricatures à des fins de politique intérieure.

La publication, le 30 septembre, par le quotidien danois Jyllands-Posten de 12 caricatures du prophète Mahomet, puis dans des journaux de plusieurs pays européens, a provoqué la colère de musulmans dans le monde faisant de nombreux morts.

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