Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP", "Dans le contexte international que nous connaissons actuellement, l'Église catholique demeure convaincue que, pour favoriser la paix et la compréhension entre les peuples et entre les hommes, il est nécessaire et urgent que les religions et leurs symboles soient respectés, et que les croyants ne soient pas l'objet de provocations blessant leur démarche et leurs sentiments religieux", a déclaré le pape en recevant Ali Achour, nouvel ambassadeur du Maroc auprès du Saint-Siège.
C'était la première fois que le pape intervenait personnellement depuis la publication dans des journaux de caricatures controversées de Mahomet et les manifestations vendredi en Libye et samedi au Nigéria ayant fait des dizaines de morts.
Benoît XVI, qui s'exprimait en français, a cependant ajouté que "l'intolérance et la violence ne pouvaient jamais se justifier comme des réponses aux offenses, car ce ne sont pas des réponses compatibles avec les principes sacrés de la religion".
Le pape allemand a également dénoncé "les actions de ceux qui profitent délibérément de l'offense causée aux sentiments religieux pour fomenter des actes violents, d'autant plus que cela se produit à des fins étrangères à la religion".
"Pour les croyants comme pour tous les hommes de bonne volonté, la seule voie qui peut conduire à la paix et à la fraternité est celle du respect des convictions et des pratiques religieuses d'autrui, afin que, de manière réciproque dans toutes les sociétés, soit réellement assuré pour chacun l'exercice de la religion librement choisie", a poursuivi le souverain pontife.
Déjà plus tôt dans la journée, un évêque italien, Mgr Rino Fisichella, recteur de l'Université Pontificale, avait réclamé cette réciprocité dans les relations entre les religions, évoquant les émeutes antichrétiennes ayant fait 16 morts dont un prélat samedi dans le nord du Nigeria.
"On ne peut mettre sur le même plan des caricatures et la mort d'un prêtre" a estimé l'évêque italien, pour lequel la publication "irresponsable" de caricatures du prophète Mahomet n'exonère pas "les pays à majorité musulmane de leur devoir de protéger les minorités chrétiennes comme nous (l'Occident, ndlr) protégeons les minorités musulmanes".
Le ton monte dans l'Italie catholique où la grande majorité des responsables dénoncent les caricatures de Mahomet, mais exigent parallèlement la protection des chrétiens dans les pays musulmans.