Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP", peu après l'attentat contre le mausolée chiite, trois mosquées sunnites et un siège du Parti islamique ont été attaqués dans la capitale, a affirmé un porte-parole de cette formation sunnite.
La plus haute autorité chiite, l'ayatollah Ali Sistani, a aussitôt appelé "au calme et à ne pas s'attaquer aux mosquées sunnites".
Le chef de l'Etat Jalal Talabani a appelé "au sang froid et à l'unité pour mettre en échec les plans ignobles des takfiris" (extrémistes sunnites).
Le Premier ministre Ibrahim Jaafari a annoncé un deuil national de trois jours, alors que l'ayatollah Sistani en a décrété un d'une semaine, appelant les Irakiens "à manifester leur condamnation de cet acte", a indiqué un responsable de son bureau.
Le chef du gouvernement, qui s'est rendu à Samarra (125 km au nord de Bagdad), a exhorté la population "à empêcher les terroristes de briser l'unité nationale".
Le conseiller à la sécurité nationale, Mouaffak al-Roubaï, a vu pour sa part "la marque d'Al-Qaïda" dans l'attentat de Samarra, et estimé que les auteurs cherchaient à "provoquer une guerre civile".
Il a exhorté les Irakiens, "sunnites et chiites, à ne pas se laisser entraîner par leurs passions".
Le grand ayatollah Bachir al-Najafi l'a qualifié d'"agression odieuse contre le coeur de l'islam et de l'Irak et une tentative de susciter le confessionnalisme".
Pour sa part, Ammar Hakim, dirigeant du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), a déclaré à l'AFP que "les terroristes takfiris ont franchi une nouvelle étape avec l'attaque des imams de la lignée du prophète", appelant ses "frères" à "resserrer les rangs".
La partie droite du mausolée des imams Ali al-Hadi et Hassan al-Askari, chef d'oeuvre architectural islamique vieux de 1.200 ans, a été ravagée par une double explosion. Le dôme en or a été détruit et le revêtement en mosaïque turquoise a été totalement soufflé au centre de Samarra, une ville sunnite.
Lieu de pèlerinage, le mausolée abrite les tombes des deux derniers imams visibles des chiites duodécimains, Ali al-Hadi (827-868) et Hassan al-Askari (845- 872).
Sur les lieux de l'attentat, un colonel des forces spéciales du ministère de l'Intérieur a indiqué que "quatre hommes, le chef habillé en treillis de commando et trois autres vêtus de noir et masqués, sont entrés mardi soir dans le mausolée et ont ligoté les cinq policiers de faction".
"Ils ont placé durant la nuit deux charges qui ont explosé peu avant 07H00 (04H00 GMT) avant de s'enfuir", a-t-il ajouté.
Dans la ville sainte chiite de Najaf, tous les commerces de la vieille ville étaient fermés et des "Allahou Akbar" ("Allah est le plus grand") provenaient des minarets du mausolée de l'imam Ali. A Kerbala, autre ville sainte chiite, une foule s'est massée autour du siège du gouvernorat pour demander aux autorités de prendre des mesures pour contrer les terroristes.
Mais c'est à Bagdad, dans le quartier chiite de Sadr City, que la colère était la plus vive. Quelque 10.000 personnes se sont rassemblées près du bureau du chef radical chiite Moqtada Sadr s'en prenant au "wahhabites mécréants" et aux Américains, "accusés de vouloir susciter la sédition".
A Samarra, les habitants, bien que sunnites, sont également descendus par milliers dans les rues pour dénoncer l'attentat.
"Vous ne nous échapperez pas", ont-ils crié à l'adresse des auteurs de l'attentat qui a visé un descendant de la lignée de Mahomet respecté également par les sunnites.
Un cheikh sunnite de la mosquée al-Rissala, Ahmad Dayeh, a estimé que "ceux qui ont commis cet acte veulent susciter une sédition confessionnelle.